Lors du Congrès de l’eau du 24 juin 2026, Bruno Blandin, président de l’UDE-MEDEF Guadeloupe, a demandé des engagements précis pour répondre à la crise de l’eau dans l’archipel. L’organisation patronale, qui représente plus de 1 300 entreprises et 30 000 salariés, dont 85 % de très petites entreprises, estime que la situation actuelle constitue une défaillance grave d’un service public essentiel.
"La situation de l’eau en Guadeloupe est inacceptable", a déclaré Bruno Blandin, président de l’UDE-MEDEF Guadeloupe. Dans son intervention, il a rappelé que les entreprises vivent depuis des années au rythme des coupures, avec des jours entiers sans eau, une qualité incertaine et des solutions de substitution jugées inexistantes.
Un problème de distribution et d’assainissement
Pour l’UDE-MEDEF Guadeloupe, la crise ne relève pas d’abord d’un manque de ressource. "Le problème de l’eau en Guadeloupe, ce n’est pas la ressource. C’est la distribution. C’est l’assainissement", a indiqué Bruno Blandin.
L’organisation patronale estime que les conséquences dépassent largement le seul sujet de l’eau. Elle évoque des impacts sur l’économie, avec l’impossibilité de construire de nouveaux logements, sur l’investissement, avec un signal dissuasif envoyé aux porteurs de projets, sur l’environnement, avec des atteintes à l’écosystème marin et aux ressources halieutiques, ainsi que sur la santé des enfants, des Guadeloupéens et des touristes.
Bruno Blandin a également rappelé que les statuts du SMGEAG imposent la continuité du service, la qualité et un accès régulier à l’eau potable. Selon lui, ces obligations ne sont aujourd’hui pas respectées.
Quatre demandes adressées au Congrès de l’eau
L’UDE-MEDEF Guadeloupe a formulé plusieurs attentes à l’issue du Congrès de l’eau :
L’organisation patronale a aussi salué l’élection récente d’Henri Yacou à la présidence du SMGEAG, en lui assurant son soutien.
Des objectifs à deux, cinq et dix ans
Au-delà de l’urgence, l’UDE-MEDEF Guadeloupe demande un plan "précis, chiffré, daté" à deux ans, cinq ans et dix ans. Les objectifs cités portent sur la réduction des coupures, la garantie de la qualité de l’eau, la remise en service de l’assainissement et la mise en place de résultats mesurables. L’organisation attend également des points d’avancement réguliers et précis sur des engagements vérifiables.
Environ 80 millions d’euros de retard de paiement évoqués
Bruno Blandin a demandé au SMGEAG d’assumer ses responsabilités vis-à-vis des entreprises. L’une des premières exigences porte sur le paiement des entreprises, avec environ 80 millions d’euros de retard évoqués dans son discours. "Les entreprises ne peuvent pas être, en plus de tout le reste, les banquiers d’un service public défaillant", a-t-il déclaré. L’UDE-MEDEF Guadeloupe demande aussi que les entreprises locales soient associées aux solutions. À compétences égales, l’organisation estime que la commande publique doit bénéficier aux entreprises du territoire.
Gouvernance, exploitation et effectifs
L’organisation patronale plaide également pour confier la gestion de l’exploitation à des entreprises privées et spécialisées. Elle juge aussi fondamental que les effectifs du SMGEAG soient en adéquation avec les besoins de la structure. Bruno Blandin a prévenu que l’UDE-MEDEF Guadeloupe pourrait prendre ses responsabilités, y compris sur le plan juridique, si aucun cap clair n’était fixé et si aucun calendrier crédible n’était arrêté.
"La Guadeloupe n’a pas un problème d’eau. Elle a un problème de décision, de gouvernance, d’exécution et de confiance", a déclaré Bruno Blandin, président de l’UDE-MEDEF Guadeloupe. Pour l’organisation patronale, les entreprises sont prêtes à travailler, à s’engager et à construire avec les responsables publics, mais elles attendent de la visibilité, de la transparence et des résultats.
memento.fr

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