Santé publique France a publié une nouvelle photographie de la santé périnatale en France, portant sur la période 2014-2024. L’agence relève « 10 années d’évolutions contrastées », avec des progrès réels, notamment sur la prématurité et le tabagisme pendant la grossesse, mais aussi des signaux préoccupants, comme la hausse de la mortalité infantile, les inégalités territoriales et la santé mentale des jeunes mères.
L’analyse s’appuie sur une centaine d’indicateurs issus de plusieurs sources : registres de populations, données du système de santé et enquêtes nationales. Elle concerne la santé des femmes enceintes puis mères, ainsi que celle des nourrissons.
Une mortalité infantile en hausse
Parmi les principaux points d’alerte, Santé publique France souligne la progression de la mortalité infantile. En 2024, la France a enregistré 4,08 décès pour 1 000 naissances vivantes, soit une hausse moyenne de 1 % par an entre 2014 et 2024.
Avec ce niveau, la France se situe au 21e rang européen sur 27, loin de pays comme la Suède, la Finlande ou l’Espagne. Les écarts sont également importants à l’intérieur du territoire français. Les départements et régions d’Outre-mer présentent des taux de mortalité entre 0 et 1 an de vie de 1,4 à 2,6 fois supérieurs à la moyenne nationale, avec une situation particulièrement préoccupante à Mayotte.
Selon Yann Le Strat, directeur scientifique de Santé publique France, les données montrent à la fois des « progrès réels » et des signaux « préoccupants », parmi lesquels les inégalités territoriales, la dégradation de la santé avant la grossesse et des besoins de prévention encore insuffisamment couverts.
La santé mentale des mères sous surveillance
L’agence alerte également sur la santé mentale des femmes après l’accouchement, à partir d’indicateurs inédits. Deux mois après la naissance, 17 % des femmes, soit environ une sur six, présentent des symptômes dépressifs. Les symptômes d’anxiété concernent 27 % des femmes, soit environ une sur quatre, tandis que 5,5 %, environ une sur vingt, déclarent des idées suicidaires.
Là encore, les disparités territoriales sont marquées. En Guadeloupe, près de 30 % des femmes ayant accouché présenteraient des symptômes dépressifs deux mois après la naissance. Au total, près de 200 000 jeunes mères pourraient être concernées chaque année par des symptômes de dépression, d’anxiété ou des idées suicidaires. Ces difficultés peuvent aussi avoir des conséquences sur le lien avec le bébé, les complications obstétricales et le développement de l’enfant.
Un appel à renforcer la prévention
Santé publique France appelle à une mobilisation collective renforcée face aux inégalités territoriales, à la dégradation de l’état de santé des femmes avant la grossesse et aux évolutions contrastées des pratiques d’accouchement. L’agence souligne que les actions de promotion de la santé avant, pendant et après la grossesse figurent parmi les leviers les plus efficaces pour réduire les inégalités sociales et territoriales en matière de santé périnatale.
memento.fr

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