
Le préfet de La Réunion lance le Plan d’action régional Écophyto 2030, déclinaison locale de la stratégie nationale destinée à réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. L’objectif fixé est une réduction de 50 % de leur usage, de leurs risques et de leurs impacts d’ici 2030, tout en conciliant performance économique des exploitations agricoles, santé publique et préservation de l’environnement.
Le plan a été co-construit avec les parties prenantes lors d’ateliers collaboratifs organisés au premier semestre 2026. La Réunion fait partie des quatre régions pilotes retenues pour la territorialisation de la stratégie Écophyto 2030, afin de prendre en compte les spécificités ultramarines : climat tropical, importance de cultures comme la canne à sucre et enjeux liés à la biodiversité endémique.
La démarche repose sur un diagnostic territorial validé en décembre 2025, qui a permis d’identifier quatre secteurs prioritaires correspondant aux aires d’alimentation des captages des Cocos à Saint-Louis, d’Oméga à Saint-Paul, des Citronniers à Saint-André et du forage du Petit Saint-Pierre à Saint-Benoît.
Le plan réunionnais est organisé autour de deux volets complémentaires, l’un à l’échelle de toute l’île et l’autre concentré sur les quatre territoires prioritaires. Huit actions phares doivent ainsi être déployées.
À l’échelle de l’ensemble de La Réunion, quatre actions constituent le cadre commun :
Quatre autres actions seront spécifiquement développées dans les territoires prioritaires afin d’y accélérer la transition :
Le Plan Écophyto 2030 doit également fonctionner en complémentarité avec plusieurs programmes déjà engagés sur le territoire.
Il s’articulera notamment avec le Plan régional de souveraineté alimentaire (PRSA) et les États généraux de la canne, afin de concilier réduction des intrants et compétitivité des différentes filières agricoles.
La stratégie sera également liée au Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (PARSADA), ainsi qu’au programme d’expérimentation consacré aux usages mineurs.
Ces dispositifs doivent notamment permettre de tester des alternatives aux produits phytopharmaceutiques adaptées aux productions locales, dont la canne à sucre et les fruits tropicaux.
Le plan entre désormais dans sa phase opérationnelle avec le lancement des travaux consacrés à la rédaction d’un référentiel complet des aides financières disponibles. Celui-ci doit notamment recenser les dispositifs relevant de la Politique agricole commune (PAC), du FEADER et des aides régionales.
L’objectif est de faciliter l’accès des agriculteurs aux différents financements susceptibles de les accompagner dans leur transition agroécologique.
Une animation territoriale renforcée sera parallèlement déployée sur les quatre territoires pilotes afin d’accompagner les exploitants dans l’évolution de leurs pratiques. Le dispositif doit être adapté aux enjeux propres à chacune de ces zones.
Un suivi annuel permettra d’évaluer les progrès réalisés et d’ajuster les mesures en fonction des retours du terrain.
Un bilan final de la stratégie régionale Écophyto 2030 est attendu à la fin de l’année 2030, afin de mesurer l’atteinte des objectifs fixés.
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