Le tribunal correctionnel de Fort-de-France a condamné jeudi 4 juin cinq personnes impliquées dans une vaste affaire de détournement de fonds liés à la prestation compensatoire du handicap (PCH), pour un préjudice estimé à 3,2 millions d’euros au détriment de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM).
Au cœur du dossier figurait Clarisse Romany, 37 ans, ancienne assistante administrative chargée de l’attribution de ces aides au sein de la CTM. Entre avril 2019 et décembre 2024, elle avait mis en place un système de fraude consistant d’abord à augmenter indûment les allocations versées à une complice, avant de créer quinze profils fictifs de bénéficiaires avec l’aide de son compagnon, Fabrice Duragrin.
Les sommes détournées avaient permis aux prévenus de financer un train de vie particulièrement élevé. Poursuivis notamment pour escroquerie aggravée, blanchiment, recel et complicité, les cinq accusés avaient reconnu les faits dès l’ouverture du procès. Au terme de deux journées d’audience, le tribunal a déclaré l’ensemble des prévenus coupables de tous les faits qui leur étaient reprochés.
Considérée comme la principale instigatrice de l’escroquerie, Clarisse Romany a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans assortis d’un sursis probatoire, ainsi qu’à une amende de 50 000 euros. Son ancien compagnon, Fabrice Duragrin, enseignant âgé de 48 ans, a également été condamné à quatre ans de prison, dont trente mois avec sursis, ainsi qu’à une amende de 30 000 euros.
Une troisième prévenue, mère d’un enfant en situation de handicap et première bénéficiaire du système frauduleux mis en place par l’ancienne fonctionnaire, a écopé de trois ans d’emprisonnement, dont deux ans avec sursis. Les deux autres accusés, le frère et la mère de Clarisse Romany, ont été condamnés à deux ans de prison avec sursis ainsi qu’à de lourdes amendes pour des faits de recel et de complicité.
Lors du procès, le parquet avait requis six ans de prison ferme contre les deux principaux accusés. L’affaire avait éclaté à la fin de l’année 2024 et suscité une vive émotion en Martinique. Au début des débats, Céline Burac, avocate de la Collectivité territoriale de Martinique, avait estimé que ce dossier avait « mis la CTM dans une situation particulièrement délicate ».
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