Le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé, le mercredi 8 juillet 2026, de tripler les peines visant les producteurs de "faux contenus d'information en période électorale". Cette mesure doit figurer dans un projet de loi consacré à la lutte contre le risque d’ingérences étrangères, qui sera présenté "fin juillet" en Conseil des ministres.
Le chef du gouvernement a détaillé cette orientation en réponse à une question du sénateur Horizons Claude Malhuret. Il a estimé que les sanctions actuelles n’étaient pas suffisamment dissuasives face à un risque qu’il juge "très aigu" en vue de la présidentielle.
"Les peines aujourd'hui ne sont pas suffisamment dissuasives", a déclaré Sébastien Lecornu. "Je vous proposerai (...) de multiplier par trois les peines encourues pour celles et ceux qui commettent la production de faux contenus d'information en période électorale", a-t-il ajouté.
Une protection renforcée des périodes électorales
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de mieux protéger les scrutins, au-delà de la seule élection présidentielle. "La période électorale a quelque chose de sacré dans une démocratie, elle mérite une protection particulière", a-t-il expliqué. Le risque d’ingérences est également identifié pour les régionales et départementales de 2028. Sébastien Lecornu souhaite élargir à ces élections locales l’outil du "référé", qui permet de saisir en urgence la justice en période électorale sur des cas d’ingérences. Ces propositions complètent des annonces déjà formulées à la mi-juin, après une rencontre avec les différentes formations politiques sur ce sujet.
Aucun territoire considéré comme totalement à l’abri
Le locataire de Matignon a souligné que le risque d’ingérence pouvait concerner l’ensemble des forces politiques et des territoires. "Aucun parti politique, aucun candidat, quel que soit son territoire urbain, rural, hexagonal, outre-mer, ne peut prétendre aujourd'hui être complètement à l'abri d'une opération d'ingérence", a martelé Sébastien Lecornu. Il a toutefois indiqué que les élections provinciales de juin en Nouvelle-Calédonie avaient été épargnées par ces opérations, malgré un "risque" identifié.
Une commission d’information du public
Le Premier ministre a également défendu la création par décret d’une "commission d'information du public" en cas d’ingérence en période électorale. Cette instance serait conçue comme un outil d’alerte "permanent" à destination de "l'ensemble de la presse, des juges, des élites, de la population, de nos concitoyens".
memento.fr

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