Depuis 2009, La Réunion organise chaque année une campagne d’extinction des lumières artificielles afin d’accompagner l’envol des jeunes pétrels vers l’océan et de limiter les risques d’échouage. Depuis 2020, cette campagne porte le nom des « Extinctions » et s’inscrit dans le programme des Jours de la Nuit, porté par le Parc national de La Réunion pour préserver les environnements nocturnes tout au long de l’année.
L’édition 2026 a permis d’élargir le réseau de partenaires mobilisés, avec l’accompagnement du Parc national et de ses partenaires. Aux côtés du Parc national et des communes, de plus en plus d’acteurs privés se sont engagés à réduire leur éclairage, notamment sur les parkings, entrepôts et enseignes lumineuses, pendant les périodes sensibles.
Cilaos, territoire clé dans le corridor d’envol
Le dossier met en avant le travail mené à Cilaos, territoire situé dans le corridor d’envol des pétrels. Les interventions de terrain réalisées de nuit par les agents du Parc national ont permis d’accompagner les gestionnaires d’éclairage dans la prise en compte des recommandations, avec de nouveaux sites engagés dans des extinctions pendant la période sensible.
Dans le cadre d’une dynamique partenariale portée par la Préfecture, la DEAL, le Parc national de La Réunion et leurs partenaires, la commune de Cilaos et la CIVIS se sont engagées dans une démarche visant à réduire les impacts de la pollution lumineuse sur la biodiversité nocturne. Un diagnostic de pollution lumineuse réalisé en 2025 par le Parc national a été actualisé en 2026 pour identifier les zones les plus impactantes et accompagner la prise de décision.
Dès février 2026, un appel à la mobilisation et un espace de discussion ont été mis en place avec les équipes municipales, les intercommunalités et des acteurs privés du territoire afin de préparer des mesures pour avril, comme les extinctions ou l’abaissement de l’éclairage. Pendant la période critique d’envol, les agents du Parc national sont allés à la rencontre des Cilaosiens pour sensibiliser à la réduction de la pollution lumineuse.
Des échouages fortement réduits à Cilaos depuis 2024
En 2025, l’éclairage du cirque de Cilaos a été diagnostiqué pour la première fois. Ce travail a permis d’identifier les éclairages problématiques et de sensibiliser leurs propriétaires et gestionnaires. De nombreux acteurs publics et privés ont alors éteint leur éclairage extérieur, permettant de limiter fortement les échouages : une vingtaine d’oiseaux recensés en 2025, contre près de 800 en avril 2024.
En janvier 2026, l’actualisation du diagnostic a permis d’affiner l’accompagnement. L’intercommunalité, la commune, les services publics et de nombreux acteurs privés, dont des hôtels, restaurants, particuliers et acteurs du transport, ont participé aux extinctions 2026. Cet effort, associé à une météo favorable, a permis de maintenir le nombre d’échouages à un niveau relativement bas dans le cirque, avec environ une quarantaine d’oiseaux recensés selon la commune.
Chiffres clés de la campagne 2025 :
dont
Toutes les intercommunalités mobilisées
À l’échelle de l’île, la mobilisation s’est poursuivie pendant la période d’envol. Selon les données déclarées au Parc national de La Réunion, toutes les intercommunalités ont participé et renforcé leurs efforts. Le Territoire de l’Ouest a notamment procédé à l’abaissement de l’éclairement des parkings du port de Saint-Gilles. La CIREST a participé pour la première fois aux Extinctions du mois d’avril.
Le Parc National indique que 5 intercommunalités sur 5 et 12 communes sur 24 ont participé aux extinctions 2026.
Du côté des acteurs économiques privés, plusieurs hôtels ont pris part à l’opération, comme Le Vieux Cep à Cilaos et le Palm à Petite-Île. Les trois centres commerciaux « Les Grands Centres » et les 18 centres E.Leclerc ont également renouvelé leur participation.
Un enjeu pour le pétrel de Barau et la biodiversité nocturne
Le pétrel de Barau, appelé Taille-vent en créole réunionnais, est un oiseau marin endémique de La Réunion, classé « en danger » sur la liste rouge de l’UICN. Sa population est estimée à 30 000 couples. Il vit en mer et revient sur l’île une fois par an pour se reproduire. L’espèce niche dans les hauteurs escarpées, notamment au Grand Bénare, au Piton des Neiges et au Gros Morne, dans des terriers creusés dans l’humus. Les jeunes s’envolent ensuite vers l’océan en suivant des corridors naturels, dont Bras de Cilaos–Rivière Saint-Étienne, Rivière des Galets et Rivière du Mât.
En avril, les jeunes pétrels prennent leur envol de nuit en s’orientant grâce à la lumière lunaire et aux étoiles. Ils peuvent être désorientés par la pollution lumineuse, en confondant les éclairages urbains avec les reflets de l’océan, ce qui provoque des échouages. Le phénomène peut être aggravé par le brouillard, la pluie fine ou les nuages bas. Les jeunes pétrels noirs de Bourbon, autre espèce endémique, sont également touchés chaque année entre février et avril, tout comme d’autres espèces nocturnes d’oiseaux, d’insectes et de mammifères dépendantes d’une bonne qualité nocturne.
Le Parc national de La Réunion encourage les autres collectivités à rejoindre cette dynamique de réduction de la pollution lumineuse, des efforts supplémentaires pouvant encore être mis en place pour limiter le risque d’échouage en avril 2027.
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