Un groupe de pays parmi les plus petits au monde, qui affirment absorber plus de carbone qu'ils n'en émettent, a demandé "la reconnaissance" de la communauté internationale lors des négociations de la COP29 des Nations unies.
Le Bhoutan, le Panama, Madagascar et le Suriname font rarement la une des journaux lors de la conférence annuelle sur le climat, perdus parmi les nations riches et les grands émetteurs qui monopolisent l'attention. En se regroupant pour mettre en évidence leur statut inhabituel, ils espèrent changer la donne. "Notre plus grande demande est la reconnaissance", a déclaré le Premier ministre du Bhoutan, Tshering Tobgay, lors d'un entretien à Bakou, où les pays ont lancé leur "Forum G-Zéro".
"Si vous ne reconnaissez pas une réalité née de décennies de sacrifices, pourquoi un pays pourrait-il sérieusement envisager d'atteindre la neutralité carbone ?", a-t-il demandé. Le minuscule Bhoutan, qui compte moins de 800.000 habitants, a exploité sa topographie naturelle pour devenir un géant de l'hydroélectricité, qui fournit de l'énergie renouvelable à des voisins comme l'Inde. Il n'existe pas encore de désignation officielle des Nations unies pour les pays neutres ou négatifs en matière d'émissions de carbone.
Mais la base de données Climate Watch du World Resources Institute indique que le Bhoutan émet si peu qu'il contribue à hauteur de 0,00% aux émissions mondiales.
"Nous ne sommes pas devenus automatiquement neutres ou négatifs en carbone", a déclaré M. Tobgay. "Il a fallu faire des sacrifices". "Devons-nous abattre nos forêts ? Devons-nous exploiter nos terres ?", s'est-il interrogé. Le maintien de la neutralité carbone "est coûteux". "Notre principale demande est que d'autres pays s'efforcent de parvenir à une neutralité nette de manière plus agressive", a-t-il déclaré.
Les négociations de la COP29 sont fortement axées sur la nécessité d'augmenter le financement de la lutte contre le changement climatique pour les pays en développement, certains préconisant de multiplier par 10 le montant annuel actuel de 100 milliards de dollars. M. Tobgay a déclaré qu'il était favorable à une approche "ambitieuse mais réaliste". "Vous pouvez parler de billions et cela restera un sujet de discussion, et nous sacrifierons alors les milliards que nous aurions pu obtenir autrement", a-t-il déclaré. "Soyons donc réalistes".
De Bakou, Aliev dénonce le "régime Macron" dans les Outre-mers
Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a réitéré mercredi ses attaques contre la France, dénonçant l'histoire coloniale du pays et les "crimes" du "régime du président Macron" dans ses territoires d'outre-mer, dont la Nouvelle-Calédonie, lors d'un discours à la COP29.
"Les leçons des crimes de la France dans ces prétendus territoires d'outre-mer ne seraient pas complètes sans mentionner les récentes violations des droits humains par le régime", a déclaré Ilham Aliev, qui s'exprimait devant des représentants d'Etats insulaires à la conférence de l'ONU sur le changement climatique, présidée cette année par son pays.
"Le régime du président Macron a tué 13 personnes et blessé 169 personnes (...) pendant les légitimes protestations du peuple kanak en Nouvelle-Calédonie", a-t-il dit, très applaudi au terme de son discours par une partie des représentants des îles. L'Azerbaïdjan, dont les relations avec la France sont très tendues en raison du soutien français à son ennemi historique arménien, a été accusé par Paris d'ingérence pendant les récentes émeutes en Nouvelle-Calédonie, des allégations rejetées par Bakou.
"Après tout ça, la France n'a pas été dénoncée, ni par la Commission européenne, ni par le Parlement européen", a tonné le président de l'Azerbaïdjan. Avant la COP, des ONG et des pays ont critiqué la tenue de la conférence en Azerbaïdjan, dénonçant sa répression de l'opposition et les atteintes aux droits humains. Emmanuel Macron n'est pas venu à Bakou pour cette COP.
Ilham Aliev a aussi attaqué le Conseil de l'Europe, organisation de défense des droits humains dont fait partie l'Azerbaïdjan mais qu'il a menacée de quitter après avoir été épinglé pour des atteintes aux libertés fondamentales. "Le Parlement européen et le Conseil de l'Europe, ces deux institutions qui sont devenues les symboles de la corruption politique, partagent la responsabilité avec le gouvernement du président Macron pour le meurtre de gens innocents", a fustigé M. Aliev.
Il a ensuite accusé le chef de la diplomatie européenne Josep Borell d'avoir comparé l'Europe à un jardin et le reste du monde à des jungles (des propos de 2022). "Si nous sommes des jungles, alors écartez-vous et ne vous mêlez pas de nos affaires", a-t-il conclu.
Le président Aliev a aussi dénoncé le maintien "sous la férule coloniale" de tous les territoires ultra-marins français et néerlandais, citant également la Corse. Les tensions entre la France et l'Azerbaïdjan se sont exacerbées depuis la reprise de contrôle de l'enclave du Haut-Karabakh par Bakou à l'issue d'une offensive éclair, en septembre 2023, au prix de l'exode de plus de 100.000 Arméniens.
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