La Fondation pour le Logement des Défavorisés, anciennement Fondation Abbé Pierre, a publié son deuxième éclairage consacré au mal-logement dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM). Présente depuis plus de 30 ans à La Réunion et également mobilisée à Mayotte avant et après le passage du cyclone Chido, l’organisation accompagne cette publication de préconisations visant à faire du logement une priorité politique dans les territoires ultramarins.
Selon les données présentées, plus de 700 000 personnes sont mal logées dans les cinq départements et régions d’Outre-mer. Les jeunes, les familles monoparentales et les personnes âgées figurent parmi les publics particulièrement exposés. Près de 8 000 personnes sont sans domicile fixe. Dans certains territoires, un nombre croissant d’enfants ne sont pas pris en charge par le 115 faute de places disponibles. La Fondation souligne un déficit structurel de 4 000 places d’hébergement par rapport au taux d’équipement observé dans l’Hexagone, avec 1,3 place pour 1 000 habitants dans les DROM contre 3 places pour 1 000 habitants dans l’Hexagone.
Les données existantes indiquent qu’environ 150 000 logements sont considérés comme indignes, soit près d’un logement sur cinq (18 % des résidences principales), contre moins de 2 % dans l’Hexagone. La Fondation estime que les dispositifs d’amélioration de l’habitat sont insuffisants et évoque des conséquences parfois mortelles.
Dans le contexte des élections municipales et à un an de l’échéance présidentielle, la Fondation alerte également sur la progression des idées d’extrême droite dans les Outre-mer. Elle considère que ces dynamiques s’inscrivent dans un sentiment d’abandon ressenti dans certains territoires. Elle appelle à un renforcement des politiques publiques afin de garantir l’égalité des droits entre l’Hexagone et les Outre-mer, avec des réponses structurelles.
« Face aux conséquences dramatiques pour les personnes qui sont victimes du mal-logement, il est nécessaire et possible de faire d'autres choix politiques. Il est primordial de mettre à l'abri toutes les personnes en détresse, de produire des logements très sociaux, de lutter contre l’habitat indigne et résorber les bidonvilles, d’encadrer les meublés touristiques et les loyers », déclare Matthieu Hoarau, directeur régional de la Fondation pour le Logement Île de La Réunion et Océan Indien.
Le rapport 2026 sur le mal-logement dans les Outre-mer a été présenté et remis, la semaine du 9 février 2026, au ministère des Outre-mer et à l’Élysée.
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