La Réunion face aux produits Mondelez : Une amende salée et des risques pour la santé des réunionnais

La couleur noire des biscuits Oreo serait obtenue avec de l'ammoniac.

Désormais chaque samedi matin, une enquête du Mémento. L'enquête du Mémento de ce samedi se consacre à Mondelez qui tente de ce donner une bonne image à La Réunion.

Mais les consommateurs et distributeurs réunionnais doivent redoubler de prudence en ce qui concerne les produits alimentaires de la multinationale Mondelez. Cette entreprise, bien connue pour des marques populaires comme Oreo, Milka, Toblerone, et Côte d'Or, a récemment fait l’objet d’une amende record de 337,5 millions d’euros imposée par la Commission européenne. En cause, des pratiques anticoncurrentielles qui ont permis à Mondelez de maintenir artificiellement des prix élevés dans plusieurs pays, incluant potentiellement les territoires d’outre-mer comme La Réunion.

En aout 2022 : Une alerte sur les biscuits "Granola", "Oréo", "Mikado", "Pépito", ou encore "Petit écolier" a mis à l’arrêt de plusieurs chaînes de production du groupe Mondelez, après une suspicion à la salmonelle dans l’usine d’un de leur fournisseur. En décembre 2022 : Le journal néerlandais Noorhollands Dagblad du 13 décembre 2022,  affirme que la couleur noire des biscuits Oreo serait obtenue grâce à l’ammoniac, une substance hautement toxique mélangée avec les fèves de cacao concassées. En début d'année, c'est l'association de défense des consommateurs Foodwatch qui a épinglé en février dernier des produits de grandes marques dont la "composition a été altérée tandis que leurs prix augmentaient, souvent à l'insu des consommateurs en période d'inflation" selon l'association. Et toujours selon l'association "cette pratique qui consiste à réduire des ingrédients, les supprimer ou les remplacer par des substituts moins chers ou de moindre qualité est baptisée "cheapflation", contraction de "cheap" ("bon marché") et "inflation"". Foodwatch pointe une mayonnaise Maille (marque du groupe Unilever), un chocolat Milka (Mondelez), des rillettes Bordeau Chesnel, les chocolat After Eight (Nestlé) ou un poisson de la marque Findus (Nomad Foods). On pourrait croire que ça va s'arrêter mais non ça continue, Mondelez vient d'être sanctionnée pour avoir bloqué la libre circulation de certains de ses produits au sein de l’Union européenne, créant ainsi des disparités de prix entre les différents marchés. L’entreprise aurait, entre autres, retiré certaines de ses marques de supermarchés dans des pays où les prix étaient plus bas, afin de prévenir leur revente à des tarifs inférieurs dans des marchés plus coûteux. Ces pratiques ont directement contribué à la hausse des prix dans des régions comme La Réunion, où les coûts d’importation sont déjà élevés.

L'année 2024, les problémes reprennent

L'année 2024 a été marquée par plusieurs rappels de produits majeurs pour Mondelez International. Diverses références de marques iconiques comme Milka, Toblerone et Grany ont été retirées des rayons en raison de problèmes de qualité et de sécurité, révélant une année particulièrement difficile pour l'entreprise. Ces rappels, qui touchent notamment la France, soulèvent des préoccupations concernant la sécurité alimentaire et la gestion des risques par le groupe.

Des particules de plastique dans les barres Milka Oreo

Le rappel qui a sans doute eu le plus d'impact concerne les barres Milka Oreo. Le 16 février 2024, Mondelez a lancé un rappel massif après la découverte de particules de plastique dans certains lots de ses barres Milka Oreo (5x37g), commercialisées dans toute la France. Le lot concerné, numéro OSK0934651, avait une date de durabilité minimale fixée au 18 août 2024. Le risque de blessure lié à l'ingestion de plastique a conduit l'entreprise à recommander aux consommateurs de ne pas consommer les produits et de les rapporter aux points de vente pour remboursement.

Toblerone : encore des morceaux de plastique

Quelques semaines plus tôt, le 24 janvier 2024, une autre marque emblématique de Mondelez, Toblerone, a également fait l'objet d'un rappel en raison de la présence potentielle de morceaux de plastique dans certains lots de barres de chocolat au lait (4x100g). Ce rappel a principalement concerné des zones aéroportuaires et Eurostar, où le produit était vendu sous douane. Une fois de plus, les consommateurs ont été invités à ne pas consommer les lots incriminés et à les retourner pour remboursement.

Grany Duo : un risque allergique

En parallèle des problèmes liés à la contamination par des particules de plastique, Mondelez a dû faire face à un autre type de rappel en 2024, cette fois pour un risque allergique. Le produit Grany Duo riz soufflé et chocolat a été rappelé en raison de la présence accidentelle de barres de Grany Noisettes dans certains étuis. Ce mélange accidentel pose un risque sérieux pour les personnes allergiques aux noisettes, qui pourraient consommer ce produit sans être averties. Ce rappel concernait les lots OTL0841442 et OTL0841451 avec une date de durabilité minimale au 30 novembre 2024.

Une année sous pression pour Mondelez

Ces rappels illustrent les difficultés rencontrées par Mondelez en 2024 pour garantir la qualité et la sécurité de ses produits. Si l'entreprise a réagi rapidement en lançant ces rappels, les incidents récurrents posent la question des procédures de contrôle interne et de la gestion de la chaîne de production. La contamination par des particules étrangères telles que le plastique reste une source majeure de préoccupation pour les consommateurs et les autorités de contrôle. Mondelez a mis en place des dispositifs pour rembourser ou échanger les produits concernés, mais ces rappels pourraient affecter la confiance des consommateurs dans la qualité des produits de la marque.

Prévenir des dangers pour la santé

Il faut savoir qu'une consommation régulière de ces produits peut entraîner une surconsommation de sucres raffinés et de graisses saturées, augmentant le risque d'obésité. À La Réunion, ces problèmes sont particulièrement inquiétants : les chiffres montrent que l'île est confrontée à une véritable épidémie de maladies métaboliques. Le diabète de type 2, une maladie liée à la surconsommation d'aliments riches en sucres et en graisses, touche une part croissante de la population. En 2014 déjà, près de 15 % de la population réunionnaise était atteinte de diabète, un chiffre nettement supérieur à la moyenne nationale. Les enfants et adolescents ne sont pas épargnés, avec des taux d'obésité chez les jeunes en constante augmentation. Les produits comme les biscuits Oreo et les chocolats Milka peuvent contribuer à la détérioration de la santé publique sur l'île.

La nécessité de prendre conscience des risques

L'attractivité des produits Mondelez, souvent vendus sous des campagnes publicitaires séduisantes et disponibles dans de nombreux points de vente à La Réunion, ne doit pas faire oublier les risques qu'ils représentent pour la santé. La presse réunionnaise souhaite faire le moins possible la promotion de ce type de produit parce qu'elle ne souhaite pas s'associer à la propagation de ces produits ultra-transformés. C'est-à-dire qu'ils contiennent de nombreux additifs et ingrédients modifiés qui ont prouver leur nuisance à l'équilibre nutritionnel des consommateurs réguliers. En plus de favoriser des maladies métaboliques, ils peuvent aussi entraîner une accoutumance au sucre, encourageant les consommateurs à en consommer toujours plus. À La Réunion, il est crucial de se tourner vers des options locales plus équilibrées et de limiter les produits transformés et importés. Il est essentiel pour les familles réunionnaises d'adopter une alimentation plus saine, en privilégiant des aliments frais comme des fruits locaux, et en réduisant la consommation d'aliments transformés comme ceux de Mondelez, afin de prévenir l'aggravation des problèmes de santé de la population réunionnaise.

L'amende record, infligée à Mondelez pour violation des règles de concurrence, envoie un message fort : la protection des consommateurs passe aussi par des prix justes et transparents. Il est donc essentiel que les consommateurs et distributeurs réunionnais soient informés et agissent en conséquence pour ne pas se retrouver être les victimes collatérales de ces dérives à la fois économiques et sanitaires.

Memento.fr


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