Les élus de la Collectivité territoriale de Martinique ont adopté, jeudi 21 mai, une délibération visant à relancer le processus de désignation d’un hymne officiel pour l’île, après plusieurs décisions de justice ayant invalidé les précédentes procédures.
Réunis en séance plénière à Fort-de-France, les conseillers territoriaux ont voté à l’unanimité le principe d’une nouvelle consultation citoyenne destinée à choisir un hymne martiniquais. Une commission spécifique sera également mise en place afin d’en définir la méthodologie, a indiqué la collectivité dans un communiqué.
La CTM inscrit cette démarche dans sa politique de « développement culturel et de préservation de l’identité » de la Martinique.
Cette nouvelle tentative intervient deux ans après l’annulation partielle, en mai 2024, par le tribunal administratif de Fort-de-France, d’une précédente délibération qui officialisait un hymne et un drapeau pour l’île. La justice avait alors été saisie par deux particuliers dénonçant des irrégularités dans le processus de désignation de l’hymne intitulé « Ansanm » (« Ensemble » en créole). Les juges avaient invalidé cette adoption pour vice de forme.
En revanche, le tribunal n’avait pas remis en cause l’adoption du drapeau martiniquais aux couleurs panafricaines, conçu dans les années 1960 par des militants indépendantistes. Cet emblème est désormais utilisé lors de nombreuses manifestations sportives et culturelles où la Martinique est représentée.
Le président du conseil exécutif de la CTM, Serge Letchimy, a rappelé lors d’une conférence de presse que ce drapeau flottait aujourd’hui dans « toutes les manifestations » où l’île participe. Il a notamment évoqué sa présence lors du concert du chanteur portoricain Bad Bunny, organisé le 8 février à Santa Clara, aux États-Unis, en marge du Super Bowl.
La question des symboles martiniquais suscite des débats récurrents depuis plusieurs années. En novembre 2021, le tribunal administratif avait déjà annulé une première procédure de désignation d’un hymne et d’un drapeau engagée en 2019, estimant que le processus consultatif comportait plusieurs irrégularités.
La Martinique cherche notamment à remplacer l’ancien drapeau aux quatre serpents, hérité de la période coloniale et associé à l’histoire de la traite négrière.
Pour Serge Letchimy, la désignation d’un hymne martiniquais ne constitue « pas un geste de rupture » avec la France mais « un acte de dignité ».

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