Le CHU de La Réunion a officiellement inauguré, lundi 22 juin 2026, son statut d’« Hôpital Ambassadeur du Don d’Organes ». La cérémonie s’est tenue à l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, avec le dévoilement d’un totem artistique installé dans le hall principal du site Sud du CHU. Cette étape s’inscrit dans le « Mois du Don d’Organes et de Tissus », déployé tout au long du mois de juin 2026 sur l’ensemble du territoire réunionnais par le CHU de La Réunion, avec le soutien de l’ARS La Réunion et de l’Agence de la biomédecine.
L’événement s’est déroulé en présence d’Inès Lobo de Sousa, directrice générale adjointe de l’ARS La Réunion, Huguette Bello, présidente du conseil de surveillance du CHU de La Réunion, Dre Marie Pierre Cresta, médecin de l’Agence de la biomédecine pour la région Océan Indien, Lionel Calenge, directeur général du CHU de La Réunion et du GHER, Pr Henri Vacher Coponat, président de la Commission médicale d’établissement, Daniel Minienpoule, président du Groupe de Dialogue Interreligieux, et Aurore Cadet, représentante du collectif Greffes+.
Un enjeu sanitaire important à La Réunion
La Réunion est particulièrement concernée par les maladies rénales chroniques, avec une prévalence nettement supérieure à celle observée dans l’Hexagone. Cette situation rend les besoins en greffes importants sur le territoire.
En 2025, l’activité de greffe du CHU a poursuivi sa progression, avec :
Ces chiffres traduisent l’activité des équipes médicales, mais aussi l’importance de la décision des donneurs et de leurs proches.
En France, le consentement présumé s’applique : toute personne est considérée comme donneuse, sauf si elle a exprimé son refus de son vivant, notamment via le Registre national des refus. Les proches sont toutefois systématiquement interrogés sur la volonté du défunt au moment du décès. Or, plus de 80 % des Français sont favorables au don d’organes, mais moins d’un sur deux en a parlé à ses proches. Dans le doute, un tiers des familles répond par le refus.
À La Réunion, cette difficulté est renforcée par des spécificités culturelles et religieuses, qui rendent le dialogue familial d’autant plus nécessaire.
Une convention avec le Groupe de Dialogue Interreligieux
La cérémonie du 22 juin s’est ouverte par la signature d’une convention de partenariat entre le CHU de La Réunion et le Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion. Ce texte vise à structurer l’accompagnement autour du don d’organes et à contribuer à la réduction du taux d’opposition lié aux convictions religieuses.
Dans les situations où un don d’organes est possible, les familles sont sollicitées dans un contexte émotionnel difficile. Faute d’information ou de réponses adaptées, les interrogations liées aux croyances peuvent conduire au refus. La convention prévoit donc l’appui de représentants religieux formés et disponibles, en soutien aux équipes de coordination hospitalière, dans le respect de la laïcité et du libre choix de chaque famille.
Le cadre d’intervention des référents religieux s’articule autour de trois axes :
Les interventions seront encadrées : elles se feront sur sollicitation explicite, en coordination avec les équipes médicales, sans interférence avec la décision médicale. Les représentants religieux ne participeront en aucun cas à la décision de prélèvement.
Un suivi annuel commun entre le CHU et le GDIR est également prévu. Il portera sur l’analyse du taux d’opposition, le bilan des actions menées, l’évaluation qualitative des interventions et l’ajustement des pratiques. Des formations conjointes seront organisées pour les référents religieux et les soignants.
Un totem pour rendre visible l’engagement du CHU
Le statut d’« Hôpital Ambassadeur du Don d’Organes » s’inscrit dans un programme national initié en 2023 par le collectif Greffes+. Le mouvement permet à des collectivités, entreprises, pharmacies, écoles et établissements de santé de s’engager publiquement et durablement en faveur du don d’organes.
En signant la charte avec Greffes+, le CHU de La Réunion s’engage à installer dans un lieu de passage une plaque arborant le ruban vert, symbole national du don d’organes, à sensibiliser patients, visiteurs et personnels, à contribuer aux temps forts nationaux du 22 juin et du 17 octobre, et à soutenir la mobilisation des associations œuvrant pour le don et la greffe.
Le totem dévoilé le 22 juin, réalisé par un artiste réunionnais, matérialise cet engagement dans le quotidien hospitalier. Il invite les patients, visiteurs et personnels à réfléchir à leur position sur le don d’organes et à en parler avec leurs proches. "Donneur ou non, l’important est de le faire savoir", rappelle le CHU.
Un acte médical encadré
Le CHU rappelle que le don d’organes est un acte médical strictement encadré, réalisé dans le respect de la réglementation, de la dignité humaine, des croyances et des volontés exprimées. Les prélèvements sont effectués par des équipes spécialisées, formées à l’accompagnement des proches. Le corps du donneur est traité avec respect et peut être restitué à la famille dans des conditions compatibles avec les rites funéraires.
memento.re

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