À l’issue de sa 40e Assemblée générale ordinaire, la Fédération des Entreprises des Outre-mer a présenté les actes du colloque « Régulation en Outre-mer : solution à la vie chère ou facteur d’aggravation ? ». Organisé le 17 décembre au CESE avec le cabinet TACTICS, en partenariat avec la Fondation Concorde et l’Innovation & Competition Lab de la George Washington University, ce colloque a réuni des dirigeants économiques, des universitaires, des juristes et des économistes français et internationaux.
Les travaux ont porté sur la réalité de la vie chère dans les territoires ultramarins, l’évaluation de l’efficacité des politiques de régulation et la question du dynamisme économique.
La régulation ne peut pas, seule, répondre à la vie chère
Dans sa synthèse, le rapport souligne que la régulation économique dans les Outre-mer constitue un enjeu majeur, au croisement du pouvoir d’achat, de la cohésion sociale et du développement économique. Pour autant, elle ne peut pas être considérée comme un instrument de traitement direct de la vie chère. Le document rappelle que sa fonction propre consiste à garantir le bon fonctionnement du marché, sans se substituer aux mécanismes de création de richesse.
La FEDOM observe que les pouvoirs publics ont multiplié les dispositifs pour lutter contre la vie chère, mais que leur efficacité reste limitée. En cause : l’absence d’évaluations solides et la complexité structurelle des économies ultramarines. Le rapport plaide ainsi pour une approche plus stratégique, fondée sur l’analyse, la différenciation territoriale et la transparence.
Des contraintes structurelles propres aux économies ultramarines
"Les économies ultramarines cumulent des contraintes importantes. L’éloignement géographique allonge les chaînes d’approvisionnement et renchérit les coûts de transport. L’insularité impose des contraintes logistiques supplémentaires. L’étroitesse des marchés limite les volumes d’activité et empêche la réalisation d’économies d’échelle", souligne le document.
La vie chère est également analysée comme le résultat d’un déséquilibre entre les prix et les revenus. À prix constants, le pouvoir d’achat réel dépend du niveau de revenu et de l’accès à l’emploi. Or, les territoires ultramarins présentent des taux d’emploi plus faibles et des inégalités de revenus plus fortes que dans l’Hexagone. Ce décalage explique largement les tensions autour du pouvoir d’achat et la place centrale prise par la question de la vie chère dans le débat public ultramarin.
Trois axes de travail identifiés
Les travaux du colloque ont permis de dégager un triple constat et trois axes de travail. Le premier porte sur la nécessité d’évaluer rigoureusement les dispositifs de régulation existants. Le deuxième concerne l’approfondissement des comparaisons internationales, afin d’identifier les approches les plus adaptées aux réalités ultramarines. Le troisième axe vise la définition et la mise en œuvre de politiques économiques cohérentes, orientées vers la croissance et tenant compte de la diversité des territoires.
Un prochain rendez-vous sur la création de richesse
Les actes du colloque sont disponibles dans le rapport publié par la FEDOM. La fédération annonçait également un prochain rendez-vous en décembre afin d’approfondir la question du cadre juridique et institutionnel face au défi de la création de richesse dans les Outre-mer.
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