La Collectivité territoriale de Martinique tente une nouvelle fois de doter l’île d’un hymne officiel. Selon l’AFP, les élus de la CTM ont adopté jeudi 21 mai 2026 une délibération prévoyant le lancement d’une consultation populaire, après l’invalidation par la justice de deux procédures similaires ces dernières années.
À l’issue d’une séance plénière, l’Assemblée territoriale “a adopté le principe de lancement d’une nouvelle consultation citoyenne pour le choix de l’hymne de la Martinique”. La CTM prévoit également la création d’une “commission ad hoc chargée d’en définir la méthodologie”, afin d’encadrer cette nouvelle procédure.
Le texte adopté à l’unanimité par les conseillers territoriaux rattache cette démarche à la “politique de développement culturel et de préservation de l’identité” de la Martinique. Pour la collectivité, l’enjeu est de permettre à l’île de disposer d’un symbole musical reconnu, après plusieurs années de débats et de contestations autour de ses emblèmes.
Cette nouvelle tentative intervient deux ans après l’annulation partielle, en mai 2024, d’une délibération de 2023 par le tribunal administratif de Fort-de-France. Cette délibération avait officialisé un hymne et un drapeau à l’issue d’un processus marqué par des polémiques. Deux particuliers avaient saisi la justice en dénonçant des irrégularités dans la désignation de l’hymne martiniquais.
La justice avait alors invalidé, pour vice de forme, les articles officialisant l’œuvre musicale “Ansanm”, qui signifie “Ensemble” en créole. La cour n’avait toutefois pas remis en cause l’adoption du drapeau choisi en parallèle par la CTM. Cet emblème, aux couleurs panafricaines, avait été conçu dans les années 1960 par des militants indépendantistes.
Lors d’une conférence de presse organisée après le vote, Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM, a rappelé que le drapeau martiniquais flotte désormais dans “toutes les manifestations” sportives et culturelles où l’île est représentée. Il a aussi cité la présence des couleurs martiniquaises lors du concert de Bad Bunny au Superbowl, le 8 février à Santa Clara, aux États-Unis. “Au Superbowl, nous avions notre drapeau”, a-t-il déclaré, évoquant cette visibilité avec “fierté”.
Le dossier des symboles martiniquais n’en est pas à sa première contestation. En novembre 2021, le tribunal administratif avait déjà annulé l’adoption de deux symboles choisis deux ans plus tôt par la collectivité, dans le cadre d’un processus consultatif jugé défectueux. La Martinique cherchait alors depuis plusieurs années à remplacer son ancien étendard aux quatre serpents, hérité de la période coloniale et associé à la traite négrière.
La relance de la consultation sur l’hymne traduit donc la volonté de la CTM de sécuriser cette fois la procédure, tout en poursuivant un travail symbolique engagé depuis plusieurs années. Serge Letchimy défend une démarche d’affirmation culturelle sans rupture institutionnelle. La désignation d’un hymne n’est “pas un geste de rupture” avec la France mais “un acte de dignité”, a-t-il souligné selon l’AFP.
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