Cyrille Melchior, président du Conseil départemental de La Réunion, a profité d’un déplacement à Paris pour porter plusieurs dossiers prioritaires auprès du Gouvernement. Mobilité, logement, autonomie et handicap ont été au cœur de ses échanges avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et ses services, ainsi qu’avec Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées.
Ce déplacement est intervenu après la commémoration des 80 ans de la départementalisation au ministère des Outre-mer. Lors de son entretien à Matignon, Cyrille Melchior a notamment plaidé pour une exonération de la Taxe de Solidarité sur les Billets d’Avion, dont l’augmentation récente pèse sur le coût des déplacements entre La Réunion et l’Hexagone.
Le président du Département a remis un courrier au chef du Gouvernement afin de solliciter une prise en compte spécifique des territoires ultramarins. Il a rappelé que l’avion constitue le seul moyen de transport permettant aux Réunionnais de rejoindre le territoire national. "L’avion n’est pas un luxe à La Réunion. C’est notre route nationale. Toute hausse du prix des billets pèse directement sur les familles, les étudiants, les salariés et l’économie de notre territoire", a souligné Cyrille Melchior.
La continuité territoriale et le coût de la mobilité au centre des échanges
Cyrille Melchior a défendu le principe d’une continuité territoriale adaptée aux réalités des Outre-mer. Selon lui, la hausse de la TSBA entre en contradiction avec les objectifs de mobilité et de lutte contre la vie chère. "L’augmentation de la TSBA apparaît en contradiction avec la politique publique de la mobilité. La lutte contre la vie chère passe aussi par la maîtrise du coût de cette mobilité", a-t-il déclaré.
Le président du Département a également abordé avec le Premier ministre la question de la Ligne budgétaire unique, essentielle au financement du logement social à La Réunion. Il a alerté sur la nécessité de sécuriser durablement ces crédits dans un contexte de fortes tensions budgétaires.
Autonomie et handicap : le Département demande une meilleure prise en compte des réalités ultramarines
Lors de sa rencontre avec Camille Galliard-Minier, Cyrille Melchior a mis en avant les difficultés liées au vieillissement de la population et à l’accompagnement des personnes en situation de handicap à La Réunion.
"La Réunion supporte aujourd’hui l’un des restes à charge les plus élevés de France pour le financement des politiques de l’autonomie", a-t-il alerté. Selon lui, malgré les dispositifs de compensation existants, les dépenses liées à l’Allocation personnalisée d’autonomie et à la Prestation de compensation du handicap continuent d’augmenter fortement. La PCH enregistrerait à elle seule une hausse d’environ 20 % par an.
Dans ce contexte, le Département demande une meilleure prise en compte des réalités ultramarines dans les mécanismes de financement de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Il sollicite également un renforcement du coefficient géographique appliqué à La Réunion.
À l’issue de ces échanges, Cyrille Melchior a indiqué que le Département resterait mobilisé afin que les attentes de la population en matière de mobilité, d’autonomie, de logement, de pouvoir d’achat et de solidarité trouvent une traduction concrète dans les politiques publiques nationales.
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