À La Réunion, chaque adulte a émis en moyenne une tonne de CO2 lors de ses déplacements en voiture en 2022, selon l’Insee La Réunion-Mayotte. Ce niveau place l’île parmi les départements français les moins émetteurs pour ces déplacements, alors que les émissions des voitures restent un enjeu au regard des engagements climatiques.
La Réunion se situe en dessous de l’Hexagone hors Île-de-France, où les émissions atteignent 1,3 tonne de CO2 par adulte. L’écart s’explique notamment par un équipement automobile plus faible qu’ailleurs et par un parc composé de véhicules plus récents, moins lourds et moins puissants. L’Insee souligne toutefois que le nombre de voitures et leurs caractéristiques évoluent progressivement vers la moyenne nationale.
Un parc automobile moins développé, mais en hausse
Au 1er janvier 2025, 392 000 voitures détenues par les ménages circulaient à La Réunion. L’équipement automobile reste inférieur à celui observé dans l’Hexagone hors Île-de-France, mais il augmente : l’île comptait 52 voitures pour 100 adultes en 2013, contre 58 en 2022. Dans l’Hexagone hors Île-de-France, ce ratio atteignait 71 voitures pour 100 adultes en 2022.
Les caractéristiques du parc automobile réunionnais évoluent également. Les voitures légères représentaient 58 % des voitures détenues par les ménages en 2013, contre 51 % en 2022 à La Réunion. Leur part était de 42 % dans l’Hexagone hors Île-de-France en 2022.
Les véhicules peu puissants représentaient 55 % du parc réunionnais en 2022, contre 45 % dans l’Hexagone hors Île-de-France. Les voitures de moins de cinq ans représentaient 29 % des voitures détenues par les ménages à La Réunion en 2022, contre 24 % dans l’Hexagone hors Île-de-France. Elles représentaient 32 % du parc réunionnais en 2013.
Le domicile-travail concentre un quart des émissions
Les trajets domicile-travail représentent un quart des émissions liées aux déplacements en voiture des ménages. À La Réunion, 83 % des adultes vont travailler en voiture. Ces automobilistes sont à l’origine de 95 % des émissions liées aux trajets domicile-travail.
En 2022, les émissions de CO2 par semaine et par personne pour les trajets domicile-travail s’élevaient à :
Sur l’ensemble de la population, les émissions liées aux trajets domicile-travail atteignaient 14 kg de CO2 par semaine et par personne.
Un report vers le vélo ou les transports en commun réduirait les émissions
Selon l’Insee, si 10 % des automobilistes se rendaient au travail à vélo ou en transports en commun, la baisse des émissions liées aux déplacements domicile-travail serait comprise entre 4 % et 9,5 %. Cela représenterait entre 8 000 et 19 000 tonnes de CO2 évitées chaque année sur l’île.
Les émissions varient aussi selon les territoires et les profils. Les personnes résidant dans les zones où le réseau de bus est le plus développé émettent moins de CO2 pour aller travailler. La Cinor affiche ainsi des émissions plus faibles, avec 10 kg de CO2 par semaine et par personne, grâce à un réseau de bus plus développé et davantage utilisé.
Les femmes, les employés et les jeunes émettent également moins de CO2 dans leurs trajets domicile-travail. Les émissions s’élèvent à 12 kg par semaine et par personne pour les femmes, 12 kg pour les employés et 13 kg pour les jeunes, contre 14 kg pour l’ensemble de la population.
Ces résultats sont issus de l’Insee Analyses Réunion n°107, « Émissions de CO2 des voitures à La Réunion : une tonne par adulte », publié en juin 2026 par Ah-Woane M. (Insee) et Aurore Fleuret (DEAL), en partenariat avec la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement.
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