Réunis en congrès à Basse-Terre, les élus de Guadeloupe ont adopté, le 24 juin 2026 au soir, quatre résolutions pour tenter d’enrayer la crise chronique de l’eau potable dans l’archipel. Ils sollicitent notamment l’État pour la création d’une opération d’intérêt national destinée à reconstruire des réseaux qui perdent plus de la moitié de l’eau produite. Au terme d’une journée de débats au conseil départemental, parlementaires, présidents de collectivités, intercommunalités et maires ont voté les textes à la quasi-unanimité. Une seule voix s’est prononcée contre la deuxième résolution.
La Guadeloupe fait face depuis une douzaine d’années à des coupures répétées et à des fuites massives. Selon l’Observatoire local de l’eau, le réseau ne distribue que 45 % de l’eau produite, le reste se perdant dans des canalisations vétustes.
Un déficit chronique pour le gestionnaire de l’eau
Le Syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG), gestionnaire du service, accuse un déficit de fonctionnement chronique. Celui-ci est estimé entre 30 et 40 millions d’euros pour 2026, auxquels s’ajoutent environ 160 millions d’euros de dettes, selon le préfet Thierry Devimeux. La remise à niveau du réseau coûterait 1,2 milliard d’euros, d’après la Chambre régionale des comptes. Son rapport de juillet 2025 a précipité la convocation du congrès.
Les quatre résolutions adoptées prévoient :
Ce volet social comprend un « chèque eau » pour les foyers les plus précaires, une tarification sociale et l’installation de citernes dans toutes les écoles. Le département s’est engagé à débloquer 150 millions d’euros sur quatre ans.
Objectif : 10 000 fuites réparées par an en 2027
"C’est une très grande satisfaction", a réagi Guy Losbar, président du conseil départemental et initiateur du congrès, saluant "un congrès d’engagement, de décision".
Guy Losbar a promis de premières améliorations "au bout de six mois" et fixé l’objectif de porter les réparations à 10 000 fuites par an à l’horizon 2027. Présent jusqu’au vote, le préfet Thierry Devimeux a prévenu que l’État "n’a pas vocation à se retirer de ce dossier, mais n’a pas vocation non plus à y rester seul", appelant à "mettre de l’argent tous ensemble".
L’État s’est engagé, sous conditions, à financer en 2026 une partie du déficit de fonctionnement du SMGEAG, à hauteur de 14 millions d’euros. Il y a déjà consacré 65 millions d’euros en quatre ans. La région et le département apporteront chacun quatre millions d’euros, tandis que les intercommunalités contribueront à hauteur de huit millions d’euros. Le président de la région, Ary Chalus, était absent : il est jugé depuis le 24 juin 2026 à Paris pour détournement de fonds publics dans une affaire d’emplois présumés fictifs.
Une régie autonome doit remplacer le syndicat au 1er janvier 2027.
memento.fr
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