Entre les 40emes Rugissants et les 50èmes Hurlants, une troupe de zèbres improbable a embarqué à bord du Marion Dufresne. Ce qu'ils ont ramené dans leurs bagages, c'est un livre, et une façon singulière de regarder le vivant.
Le principe est déconcertant, et c'est précisément ce qui accroche. Des zèbres de papier, menés par un certain Aldébaran, partent en mission d'observation de la biodiversité dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises. A Crozet, Ker-guelen, Amsterdam, ils croisent l'albatros à bec jaune, le manchot royal, les hivernants des bases isolées. Et posent, à leur façon, les grandes questions de notretemps.Zôon, du grec ancien, "êtres vivants", animaux, végétaux et humains confondus, est un conte photographique en noir et blanc signé d'un auteur qui préfère rester dans l'ombre. Il a choisi de confier la narration à Tec-tec, voix libre et parfois loufoque, et les dialogues aux zèbres eux-mêmes.
La symbolique est au cœur du projet le mélange des rayures noires et blanches, en mouvement, produit de la matière grise. Les zèbres ne sont pas de simples personnages de fiction, ils sont des cata-lyseurs. Avant les Terres Australes, ils avaient déjà arpenté les pentes du Piton de la Fournaise et traversé l'Amazonie.
Chaque territoire, une nouvelle étape dans l'apprentissage de ce que l'auteur appelle la "zébritude" : l'art difficile d'être soi parmi les autres.
Ce troisième ouvrage du photographe, marqué par ses années d'hivernage à Crozet et durablement atteint du "virus austral", a été embarqué à bord du Marion Dufresne pour être remis aux chefs de districts. Un retour aux sources, autant qu'une forme de reconnaissance. L'ancienne préfète des TAAF Cécile Pozzo di Borgo, qui avait permis le projet, en signe la préface.
Derrière l'humour et la poésie, Zôon aborde sans détour les enjeux clima-tiques, notre rapport aux autres espèces et la valeur du vivant, sous l'angleoriginal de la différence et de la diversité.

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