Aux Comores, six anciens Premiers ministres appellent le président Azali Assoumani à faire preuve de “clémence” envers Ahmed Abdallah Sambi. L’ancien chef de l’État, détenu à domicile, souhaite pouvoir quitter le pays afin de recevoir des soins à l’étranger.
Président des Comores de 2006 à 2011, Ahmed Abdallah Sambi, âgé de 67 ans, a entamé en mai sa neuvième année de détention à domicile. Il purge une peine de prison à vie pour haute trahison, après avoir été accusé d’avoir détourné une fortune dans le cadre d’un programme de vente de passeports. Il avait dénoncé son procès comme une “mascarade judiciaire”.
Dans un courrier daté du 26 mai et authentifié par l’AFP, les six anciens Premiers ministres affirment que “l’ancien président verrait aujourd’hui son état de santé se dégrader de manière préoccupante”. Ils demandent donc au président Azali Assoumani d’autoriser une sortie du territoire pour raison médicale.
Les signataires sollicitent “une mesure de clémence permettant à l’ancien président Sambi de se rendre à l’étranger afin de recevoir les soins appropriés”. Cette demande intervient dans un contexte politique toujours sensible autour du sort de l’ancien président, devenu l’un des principaux rivaux d’Azali Assoumani.
Mercredi, le parquet général a assuré, dans un communiqué, que l’état de santé d’Ahmed Abdallah Sambi ne présentait “aucune situation critique susceptible d’engager son pronostic vital”. Cette position faisait suite à une série d’examens médicaux réalisés à la demande de son médecin traitant.
Mais ce dernier a contesté cette présentation. Il a dénoncé des informations “mensongères” et affirmé que les investigations sur l’état de santé de l’ancien président étaient toujours en cours.
Cette affaire ravive les tensions autour de la vie politique comorienne. Ancien chef d’état-major de l’armée, Azali Assoumani, lui aussi âgé de 67 ans, avait pris le pouvoir en 1999 lors d’un coup d’État militaire. Élu en 2002, il avait rendu le pouvoir en 2006, avant de revenir à la présidence par les urnes en 2016, puis d’être réélu en 2019 et en 2024.
Le scrutin de 2024, contesté, avait été suivi de deux jours de manifestations meurtrières. Les opposants à Azali Assoumani l’accusent d’un autoritarisme croissant à la tête de l’archipel, où le président cumule les fonctions de chef de l’État et de chef du gouvernement.
La demande formulée par les six anciens Premiers ministres place désormais le chef de l’État face à une décision à forte portée politique et humanitaire. Autoriser Ahmed Abdallah Sambi à se faire soigner à l’étranger serait présenté par ses soutiens comme un geste d’apaisement. Refuser pourrait, au contraire, nourrir davantage les critiques sur la gestion du dossier de l’ancien président.
Memento

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