Le gouvernement français a annoncé, dimanche 31 mai 2026, une réduction de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) pour certaines liaisons aériennes intérieures et européennes considérées comme essentielles à l’aménagement du territoire. Cette mesure concerne notamment des villes françaises mal desservies par les autres moyens de transport ainsi que certaines lignes internationales stratégiques.
La TSBA, également appelée « taxe Chirac », finance le développement international, l’Agence de financement des infrastructures de transport ainsi que le budget général de l’État. Son montant avait été relevé l’an dernier, passant de 2,63 euros à 7,40 euros pour les vols intérieurs et les liaisons vers l’Europe.
Le ministère des Transports a annoncé un retour à compter du lundi 1er juin 2026 à l’ancien tarif pour les « liaisons dites d’obligations de service public ». Ces lignes concernent des territoires où le transport aérien est considéré comme le seul moyen de déplacement rapide et efficace, dans une logique de désenclavement et d’aménagement du territoire.
Selon l’arrêté publié dimanche au Journal officiel et consulté par l’AFP, cette réduction s’appliquera notamment à des dessertes concernant Aurillac dans le Cantal, Brive en Corrèze ou encore Le Puy en Haute-Loire. Sont également concernées certaines lignes reliant Strasbourg à plusieurs métropoles européennes comme Madrid, Munich ou Copenhague, ainsi que les liaisons entre la Corse et le continent. Au total, 26 lignes bénéficient de cette disposition.
« Cette mesure traduit la volonté du gouvernement de soutenir la connectivité des territoires les moins bien desservis et d’alléger le coût du transport aérien depuis et vers ces destinations », a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot dans un communiqué.
Le ministre a également indiqué rester « pleinement mobilisé pour que les territoires d’Outre-Mer puissent eux aussi bénéficier d’un taux réduit », compte tenu du « caractère indispensable du transport aérien pour ces territoires ». Il précise toutefois que la Commission européenne a estimé qu’un dispositif proposé par la France « ne pouvait pas être retenu juridiquement en l’état ».
L’augmentation de cette taxe avait provoqué l’an dernier de vives réactions dans le secteur aérien. La compagnie irlandaise à bas coût Ryanair avait notamment annoncé une réduction de ses activités en France.
Cette annonce intervient également dans un contexte de mécontentement autour du transport ferroviaire. En avril 2026, lors de la présentation d’une loi-cadre sur les transports, une quarantaine de collectifs ferroviaires avaient interpellé le gouvernement sur la fermeture progressive de lignes de train. Le mouvement « La colère des sans trains », fédéré en janvier à Limoges, dénonçait alors la disparition de nombreuses dessertes ferroviaires, y compris dans certaines villes aujourd’hui concernées par cette réduction de fiscalité sur le transport aérien.
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