
La première édition de Choose Outre-mer se tient ce jeudi 1er octobre à la Banque de France, à Paris. Porté par le ministère des Outre-mer, ce rendez-vous réunit entreprises, investisseurs, financeurs, collectivités, opérateurs publics et acteurs de l’emploi autour d’une même ambition annoncée par les organisateurs, "faire émerger des projets, accélérer l’investissement" et créer de nouvelles perspectives économiques dans les territoires ultramarins.
Le gouvernement entend notamment changer la manière de présenter les économies ultramarines aux investisseurs. Les contraintes liées à l’éloignement, à l’insularité ou à la taille des marchés demeurent, mais la démarche cherche désormais à davantage valoriser les avantages propres à chaque territoire. Près de 2,9 millions d’habitants vivent dans les Outre-mer, répartis dans onze territoires habités et cinq grands bassins régionaux. Ils représentent également 97 % des quelque 11 millions de km² de la zone économique exclusive française.
Cette stratégie doit se décliner entre 2026 et 2030 autour de plusieurs priorités. Il est notamment prévu de développer davantage la production locale, de renforcer les fonds propres des entreprises, de rapprocher les formations des besoins économiques, d’améliorer l’accès aux marchés régionaux et de faciliter la mobilisation des financements européens. L’État souhaite également favoriser plus fortement l’investissement privé dans les économies ultramarines.
L’une des annonces importantes de cette première édition concerne le lancement d’un fonds d’investissement à impact public-privé géré par INCO Ventures. Il doit contribuer au renforcement des fonds propres des entreprises et accompagner leur développement. Trois grandes orientations ont été retenues, la valorisation des ressources naturelles, l’autonomie et la décarbonation de l’économie ainsi que la transition sociale. La Banque des Territoires, l’État et plusieurs investisseurs privés participent à cette initiative.
Les financements publics existants occupent également une place importante. France 2030 aurait mobilisé 298,4 millions d’euros dans les Outre-mer, dont 250,2 millions sur les appels à projets nationaux et 48,2 millions au titre des enveloppes régionalisées. Depuis le début de l’année 2026, 23,05 millions d’euros auraient été engagés ou accordés à 33 projets ultramarins.
La Réunion positionnée sur quatre filières
Dans cette cartographie économique, La Réunion est associée à quatre secteurs considérés comme prioritaires, les énergies renouvelables, le numérique, l’économie bleue et l’agroalimentaire. L’ambition affichée consiste à "positionner l’île comme laboratoire de la transition énergétique" et comme plateforme économique dans l’océan Indien.
Les organisateurs mettent notamment en avant la part des énergies renouvelables dans la production électrique réunionnaise, annoncée à 92,5 % en 2024. L’île est ainsi présentée parmi les territoires susceptibles d’accueillir des projets liés aux nouvelles technologies énergétiques, au stockage, aux ressources marines ou encore aux activités numériques.
Choose Outre-mer ne se limite toutefois pas au financement. La question de l’emploi et des compétences constitue un second volet important de la journée. Un job dating est organisé avec France Travail et l’Apec. Près de 1 000 offres auraient été recensées et plus de 2 000 candidats identifiés, avec plus de 180 entreprises mobilisées en Guadeloupe, Guyane, Martinique, à La Réunion, Mayotte et Paris.
Deux conventions-cadres de trois ans doivent également être signées. La première avec Business France doit faciliter l’export des entreprises ultramarines et la recherche d’investisseurs étrangers. La seconde avec France Travail porte notamment sur les recrutements, les formations et le retour ou la mobilité des compétences vers les territoires.
Enfin, neuf entreprises participeront à un concours de pitch devant des investisseurs et financeurs. Parmi elles figure Biofuel Réunion, sous la marque commerciale Arsycle. Les projets sélectionnés sont répartis entre ressources et énergies durables, décarbonation et souveraineté économique, puis transition sociale et inclusion.
Cette première édition doit désormais permettre de mesurer si les rencontres organisées à Paris déboucheront effectivement sur de nouveaux financements, des implantations, des recrutements ou des contrats pour les entreprises ultramarines. Le principe affiché par Choose Outre-mer est de rapprocher plus directement capitaux, entrepreneurs, territoires et compétences afin de convertir les opportunités identifiées en projets économiques.
Mémento


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