
Les parlementaires Elie Califer, député de la Guadeloupe, et Victorin Lurel, sénateur des îles de Guadeloupe, ont rencontré le directeur général de l’Agence régionale de santé de Guadeloupe, M. Luccioni-Michaux, lors d’une réunion de travail de "plus de trois heures" consacrée aux principaux enjeux sanitaires du territoire.
Les échanges ont porté sur la situation des établissements publics de santé, notamment le CHU, le CHBT, le CHCBE et l’EPSM, ainsi que sur celle des structures privées. La poursuite du financement de la modernisation et de la rénovation de certains établissements, dont le CHBT, a également été abordée.
La question des maternités a occupé une partie des discussions. Les parlementaires ont notamment évoqué "la baisse de la natalité", la mortalité infantile et les projets de fermeture ou de déclassement de certaines maternités, avec une attention particulière portée à celle de Basse-Terre.
L’offre médicale privée a également été discutée, notamment concernant les refus d’agrément pour l’ouverture de cliniques privées proposant des activités de procréation médicalement assistée, parallèlement au service existant au CHU.
L’accès aux soins demeure un autre sujet majeur. Les participants ont évoqué la "quasi-absence de lits en soins palliatifs", la couverture médicale de proximité, la situation des maisons de santé et des centres médicaux ainsi que les conditions d’exercice des médecins régulateurs et de garde.
La démographie médicale suscite également des préoccupations. Plusieurs spécialités sont identifiées comme insuffisamment dotées, parmi lesquelles la radiologie, la gériatrie et l’orthopédie. Les discussions ont également porté sur la répartition géographique des médecins, les praticiens à diplômes hors Union européenne et le remplacement des professionnels partant à la retraite.
Certaines pathologies particulièrement présentes en Guadeloupe ont été évoquées, dont "le diabète, les AVC, l’HTA et les maladies vectorielles". Le transport sanitaire, le fonctionnement du Service d’accès aux soins, les conséquences sanitaires liées au chlordécone ainsi que la lutte contre les moustiques et autres insectes vecteurs ont également été examinés.
La situation des entreprises adaptées a par ailleurs été abordée, dans un contexte où "les besoins augmentent alors que les moyens diminuent".
La santé mentale parmi les principales préoccupations
Une attention particulière a été consacrée à la santé mentale, présentée comme confrontée à une "crise structurelle et profonde". Les échanges ont porté sur le renforcement de la prévention, notamment auprès des enfants et des jeunes, ainsi que sur l’amélioration des délais et des conditions de prise en charge.
L’accès plus rapide des collégiens et des jeunes en difficulté à une évaluation et, lorsque cela est nécessaire, à un rendez-vous en centre médico-psychologique figure parmi les pistes évoquées. La psychologie, la pédopsychiatrie, le pilotage budgétaire du secteur et l’avenir de l’EPSM ont également été abordés.
Les parlementaires souhaitent par ailleurs connaître les différentes étapes du projet de reconstruction de l’EPSM sur le site de Choisy.
Le déménagement du CHU entre novembre et janvier
La situation du CHU de la Guadeloupe a occupé une place importante dans la réunion. L’une des priorités évoquées concerne l’achèvement du déménagement vers le nouvel établissement et l’installation progressive des services.
Une vigilance particulière doit être portée au transfert des patients, notamment des personnes couchées, ainsi qu’aux besoins en transports sanitaires et en moyens ambulanciers. La période de déménagement est annoncée entre "novembre 2026 et janvier 2027".
La situation financière du CHU et la poursuite de son redressement ont également été évoquées, tout comme l’organisation des différentes activités de soins. Concernant la dialyse, les échanges ont porté sur la recherche d’une organisation administrative permettant de "conserver les différents sites".
À l’approche des discussions budgétaires nationales, Elie Califer et Victorin Lurel entendent défendre le maintien des financements nécessaires au fonctionnement des établissements de santé guadeloupéens et rechercher des dotations supplémentaires lors des débats consacrés au PLF et au PLFSS.
Cette rencontre doit désormais être suivie de nouveaux échanges avec les différents acteurs afin d’identifier des réponses aux besoins sanitaires de la population guadeloupéenne.
Mémento


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