La présidente de la Région Réunion, Huguette Bello, a réagi à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, estimant que la situation ouvre « une période lourde d’incertitudes » susceptible d’avoir des conséquences à la fois humaines, politiques et économiques à l’échelle internationale.
Elle évoque « un embrasement au Moyen-Orient avec de lourdes conséquences affectant non seulement les populations civiles mais aussi l’économie mondiale et entraînant une exacerbation des tensions à tous les niveaux ». Dans sa prise de position, la présidente de Région met en cause « la responsabilité écrasante de la décision qui a été prise de concert par deux chefs d’État : Donald Trump, Président des États-Unis (…) et Benyamin Netanyahou, Premier ministre d’Israël ».
Huguette Bello rappelle également que Benyamin Netanyahou est « sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commis contre la population civile palestinienne, particulièrement à Gaza ». Elle souligne par ailleurs que Donald Trump « a mis fin à l’accord sur le nucléaire avec l’Iran qui avait été obtenu par l’un de ses prédécesseurs, Barack Obama », ajoutant que « l’irresponsabilité de cet acte » apparaît aujourd’hui.
Selon elle, « c’est à la demande pressante de Benyamin Netanyahou que Donald Trump a décidé de lancer la guerre contre l’Iran ». Elle estime que « quelle que soit la réprobation légitime émise sur le régime iranien (…) la décision d’entrer en guerre au mépris des règles du droit international et sans recourir aux instances habilitées comme les Nations Unies constitue un acte condamnable d’une extrême gravité, substituant la loi du plus fort à l’état de droit ».
La présidente de Région mentionne également la position du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, « réprouvant l’intervention israélo-américaine et rappelant la nécessité de respecter les principes du droit international », qu’elle qualifie de « l’honneur de l’Europe ».
Huguette Bello estime que l’évolution du conflit reste difficile à anticiper. « Nous sommes ainsi entrés dans une période lourde d’incertitudes et aux conséquences multiples qui rend objectivement difficile toute prédiction de son évolution », indique-t-elle.
Concernant La Réunion, elle considère que les effets immédiats restent limités. Elle rappelle que « depuis la guerre en Ukraine, l’essentiel du trafic maritime de l’Europe – qui est notre principale source d’approvisionnements – ne passe plus par le canal de Suez mais par le cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud ».
Elle ajoute que « la fermeture du détroit d’Ormuz et les atteintes portées aux sites pétroliers n’affectent pas directement et immédiatement La Réunion », en raison notamment « des stocks stratégiques locaux » et de « notre approvisionnement en pétrole raffiné depuis Singapour ».
La présidente de Région souligne toutefois que si le conflit devait se prolonger, « la flambée probable du prix du baril de pétrole aurait à terme des conséquences pour La Réunion, sur le prix des carburants dont le gaz ». Elle rappelle que « le prix de la bouteille de gaz est aujourd’hui bloqué à 18 euros grâce à l’intervention de la Région Réunion » et indique qu’« en cas de forte augmentation du prix du gaz, l’effort de notre collectivité serait plus important et il serait souhaitable qu’il puisse être partagé ».
Elle évoque également la possibilité d’« une hausse du coût du fret maritime (…) avec un impact sur tous les produits importés et de consommation », ainsi que d’éventuelles modifications des itinéraires aériens vers l’Hexagone.
Pour Huguette Bello, ces éléments mettent en évidence « la fragilité et la vulnérabilité de notre économie insulaire qui reste fortement dépendante de sources d’approvisionnements éloignées ». Elle estime que « l’orientation de la Région Réunion, de favoriser la souveraineté alimentaire et l’autonomie énergétique, prend plus que jamais tout son sens ».
Elle conclut en rappelant, « dans ce contexte de retour de la guerre », le mot d’ordre « océan Indien zone de paix », tout en évoquant l’utilisation de l’île de Diego Garcia « comme base militaire pour servir des intérêts étrangers aux peuples des îles de l’océan Indien ».
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