L’Agence régionale de santé de Guyane a annoncé le lancement d’une campagne de vaccination contre le chikungunya afin de freiner une épidémie actuellement en « phase exponentielle » dans le territoire amazonien. Cette campagne ciblera en priorité les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées de plus de 65 ans et celles présentant des comorbidités.
Depuis le début de l’année 2026, le virus du chikungunya, transmis par les moustiques du genre Aedes, circule activement en Guyane. Selon les données de Santé publique France arrêtées au 28 mai, 513 cas ont été confirmés sur le territoire, dont 101 ayant nécessité une hospitalisation. Lors d’une conférence de presse organisée le mardi 2 juin, Bertrand Parent, directeur général de l’ARS Guyane, a indiqué que la circulation du virus était désormais « en phase exponentielle ».
Pour répondre à cette situation, l’ARS a commandé 2 500 doses de vaccins. « Nous disposons déjà de 1 000 doses sur le territoire et en avons commandé 2 500 en tout », a précisé Bertrand Parent. « L’objectif est d’avoir en permanence 1 000 doses disponibles », a-t-il ajouté. Deux vaccins autorisés par l’Agence nationale de sécurité du médicament seront proposés gratuitement sur prescription médicale : Vimkunya et Ixchiq.
Cette campagne de vaccination sera complétée par les mesures classiques de lutte anti-vectorielle, notamment la destruction des gîtes larvaires, les actions de prévention auprès de la population et la réduction des eaux stagnantes favorisant la prolifération des moustiques. Des moyens supplémentaires seront mobilisés dans l’ouest de la Guyane, secteur qui concentre 74 % des cas confirmés biologiquement selon le dernier bulletin de Santé publique France.
En avril 2026, la Haute Autorité de Santé a recommandé l’utilisation du vaccin Vimkunya pour les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que pour les personnes âgées de 12 à 64 ans présentant des comorbidités. Le vaccin Ixchiq ne peut quant à lui être proposé qu’aux personnes âgées de 18 à 64 ans, après une évaluation approfondie du rapport bénéfices-risques.
Bien que rarement mortel, le chikungunya peut entraîner des séquelles durables. Selon la Haute Autorité de Santé, entre 40 % et 60 % des personnes infectées souffrent encore de douleurs articulaires chroniques plus de trois mois après l’infection. La précédente épidémie de chikungunya en Guyane remonte à 2014. Elle avait touché environ 20 % de la population et entraîné près de 500 hospitalisations pour des formes graves, selon une étude publiée en 2017 par Santé publique France.
À l’échelle mondiale, la maladie, parfois surnommée « maladie de l’homme courbé » en raison des douleurs articulaires qu’elle provoque, poursuit sa progression. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 500 000 personnes ont été touchées en 2025 dans le monde, dont 300 000 sur le continent américain, pour un total de 186 décès recensés.
memento.fr

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