L’Observatoire des prix, des marges et des revenus de La Réunion a présenté, lors de sa réunion plénière du 3 juillet 2026, les résultats d’une étude consacrée au secteur agroalimentaire et aux filières agricoles de l’île. Ce travail, confié au cabinet NOVIKOT, a été restitué en présence de représentants de l’État, de parlementaires, de collectivités, de chambres consulaires, de membres de l’OPMR et de plusieurs structures auditionnées.
Selon le communiqué de l’OPMR, trois volets ont été examinés, à savoir “La structuration des filières végétales et animales”, “La production coopérative” avec la spécificité de l’URCOOPA, ainsi que “L’observation des prix d’un panier de fruits et légumes dans les réseaux locaux de distribution”.
Le premier enseignement porte sur le contraste entre les filières animales et végétales. La filière animale apparaît fortement organisée autour de deux interprofessions, l’ARIBEV et l’ARIV. Cette structuration lui permet de mobiliser d’importants financements européens et de répondre à la quasi-totalité des besoins locaux en viandes fraîches, notamment en poulet, porc et bœuf. Mais cette filière reste fragilisée par la concurrence des produits surgelés importés, plus compétitifs sur les prix.
La filière végétale, elle, est beaucoup moins organisée. Le communiqué relève que “2/3 des producteurs sont indépendants”. Malgré cette faible structuration, elle parvient à couvrir “environ 70% des besoins” avec “95000 T de produits frais”, dont “54000 T de légumes”. Cette situation limite toutefois l’accès aux aides européennes pour de nombreux producteurs indépendants, alors que l’ARIFEL travaille à une reconnaissance plus large de la filière.
Autre point sensible, le rôle de l’URCOOPA. L’OPMR décrit cette structure comme “la clé de voute du secteur agro-alimentaire”. Elle regroupe “1200 producteurs adhérents” et importe “230000 tonnes de céréales”. Sa place dans l’importation, la production d’aliments, les farines, l’abattage et la collecte du lait lui confère une position stratégique. Mais cette situation interroge. Le communiqué évoque une “position dominante” et une gouvernance jugée “fermée et peu transparente”, notamment autour de dispositifs de régulation des prix.
Sur les prix, l’étude relève que les marchés restent plus avantageux pour les consommateurs. L’OPMR indique des “prix plus bas sur les marchés d’environ 10% par rapport à la grande distribution”, sur la base d’un panier de onze légumes et sept fruits. L’écart est également marqué entre production locale et surgelés importés, avec “+82%” pour le porc et “+40%” pour le poulet.
Le rapport complémentaire sur les auditions souligne aussi plusieurs freins pour les filières locales, parmi lesquels les aléas climatiques, le morcellement des exploitations, le manque de main-d’œuvre, les coûts élevés des intrants, les difficultés de stockage et de transformation, ainsi qu’un accès parfois complexe aux aides publiques. Le document insiste notamment sur le manque d’infrastructures de stockage, qui empêche de réguler les volumes, de stabiliser les prix et de sécuriser les revenus des producteurs.
En conclusion, l’OPMR estime que le secteur agroalimentaire réunionnais parvient à satisfaire l’essentiel des besoins en produits frais grâce à la mobilisation des acteurs et à des soutiens publics importants, évalués à “198 M€ / an”. Mais l’Observatoire appelle à plus de transparence, à une gouvernance élargie et à une meilleure évaluation des dispositifs existants.
L’OPMR souhaite notamment que “les instances de régulation jouent réellement leur rôle” et que les gouvernances soient “plus ouvertes et plus transparentes”, avec l’intégration d’observateurs extérieurs, comme des représentants des consommateurs. L’intégralité de l’étude doit être publiée sur le site internet de l’OPMR.
Memento

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