La variation des prix de l’énergie liée au conflit en Iran pèse plus lourdement sur les ménages réunionnais que sur ceux de l’Hexagone. C’est ce que révèle une enquête Pigé! réalisée pour Le Mémento, comparant la situation de La Réunion à celle de la métropole à partir d’un questionnaire identique.
Selon cette enquête, les habitants de l’île expriment une inquiétude plus marquée et modifient davantage leurs habitudes de consommation. Le document évoque “une île sous pression”, confrontée à la flambée des prix du pétrole et du gaz, mais aussi à des contraintes propres au territoire, notamment l’insularité, les revenus plus faibles et la dépendance à la voiture individuelle.
Premier signal d’alerte, la fragilité financière des ménages. “25 % des Réunionnais déclarent être souvent dans le rouge”, contre “11 % en métropole”. L’écart est considérable et montre que la hausse des prix intervient sur un terrain social déjà tendu. À l’inverse, seuls “32 %” des Réunionnais disent s’en sortir globalement, contre “39 %” des Métropolitains.
L’inquiétude face à la hausse de l’énergie est également plus forte dans l’île. “58 % des Réunionnais se disent fortement inquiets”, contre “42 %” en métropole. Cette préoccupation touche particulièrement les femmes, avec “64 %” de fortes inquiétudes, ainsi que les plus jeunes, puisque “61 %” des 18-29 ans et “64 %” des 30-44 ans se déclarent très inquiets.
Face à cette situation, les arbitrages budgétaires deviennent sévères. “86 % réduisent leurs loisirs”, contre “69 %” en métropole. Les vacances sont aussi directement affectées, avec “82 %” des Réunionnais qui reconsidèrent leurs projets, contre “62 %” dans l’Hexagone. Plus préoccupant encore, “63 %” des Réunionnais déclarent réduire leurs dépenses essentielles, comme l’alimentation ou la santé, contre “42 %” en métropole.
Cette restriction des dépenses de première nécessité révèle une tension sociale profonde. Dans les ménages réunionnais les plus défavorisés, la proportion grimpe à “76 %”, et atteint même “85 %” chez les plus précaires. Le Sud et l’Est apparaissent comme les zones les plus touchées, avec respectivement “69 %” et “67 %” de ménages concernés.
Autre indicateur marquant, le recours à l’aide extérieure. “30 % des Réunionnais envisagent de demander de l’aide extérieure”, auprès d’un proche ou d’une association, contre “14 %” en métropole. Chez les 18-29 ans, cette proportion atteint “44 %”, signe d’une fragilité particulière de la jeunesse réunionnaise face à la hausse des prix.
La réponse de l’État est, elle aussi, jugée insuffisante. “62 % des Réunionnais” estiment que les mesures gouvernementales ne sont pas adaptées aux populations les plus précaires. Seuls “12 %” les jugent adaptées, contre “21 %” en métropole. Cette différence traduit une attente plus forte d’une réponse tenant compte des réalités ultramarines.
L’enquête rappelle enfin que la voiture reste souvent indispensable à La Réunion. Là où certains ménages métropolitains peuvent se tourner vers les transports en commun ou le vélo, de nombreux Réunionnais n’ont pas d’alternative réelle pour se déplacer, notamment dans le Sud ou l’Est. Cette dépendance rend chaque hausse du carburant plus difficile à absorber.
Derrière les chiffres, les témoignages donnent chair à cette crise. Marlène, aide-soignante à Saint-Pierre, explique avoir annulé son séjour à Maurice et demandé une avance à sa mère pour les courses. Thierry, artisan au Tampon, raconte avoir réduit ses sorties et reporté un bilan médical. Jean-Marc, retraité à Saint-Benoît, résume le sentiment de nombreux habitants en affirmant que “le conflit en Iran, on le paie cash ici, bien plus qu’à Paris”.
Cette enquête Pigé! pour Le Mémento dresse donc le portrait d’un territoire plus exposé aux chocs énergétiques. Elle montre que la crise internationale se traduit, à La Réunion, par des renoncements plus fréquents, une inquiétude plus forte et une sollicitation accrue des solidarités familiales et associatives.
Source Enquête Pigé! pour Le Mémento, réalisée via le panel en ligne Panel974 auprès de 656 Réunionnais âgés de 18 ans et plus, du 16 au 19 mai 2026, comparée à une étude Ipsos BVA pour le CESI école d’ingénieur et RTL menée auprès de 1 001 personnes en France métropolitaine les 28 et 29 avril 2026.
Memento

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