
Des mouvements lycéens ont perturbé plusieurs établissements de La Réunion, de la Martinique et de la Guadeloupe les 5 et 6 octobre 2026. Si les revendications diffèrent selon les territoires, elles portent notamment sur les moyens humains, l’organisation du temps scolaire, l’état des infrastructures et les conditions d’accès aux études supérieures.
À La Réunion, les jeunes réclament notamment « plus de profs », « des moyens » et une « meilleure organisation du temps scolaire ». Selon la préfecture, 1 500 manifestants ont été recensés sur l’ensemble du département mardi 6 octobre.
À Saint-Pierre, un rassemblement a réuni 300 jeunes selon la police et 800 selon les organisateurs. La mobilisation s’est déroulée dans le calme.
Des affrontements de courte durée ont en revanche éclaté à Saint-Paul et Saint-Louis, dans l’ouest et le sud de l’île. Ils ont conduit à 22 interpellations, dont 21 mineurs, effectuées à la mi-journée avant un retour au calme. Au total, 387 policiers et gendarmes ont été déployés.
Les tensions avaient déjà commencé à Saint-Denis les 2 et 5 octobre, avec des caillassages et des feux de poubelles. Ces incidents avaient fait sept blessés parmi les agents et entraîné 18 arrestations.
Dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 octobre, l’entrée d’une salle d’un lycée de Saint-Benoît a également été incendiée par un tir de cocktail Molotov.
Une enquête judiciaire a par ailleurs été ouverte après une interpellation au Tampon. L’Union des femmes réunionnaises (UFR) a dénoncé une « violence inacceptable » après la diffusion d’une vidéo montrant un jeune menotté et maintenu au sol par des gendarmes lors de cette arrestation.
Aux Antilles, le mouvement a débuté le 5 octobre. Une vingtaine de lycées ont été perturbés et huit élèves ont été interpellés au total.
En Martinique, 16 établissements ont été concernés. Deux d’entre eux ont dû fermer et mettre en place des cours à distance, selon le rectorat.
En Guadeloupe, au moins sept lycées ont participé à la mobilisation. Au lycée Baimbridge, l’un des plus importants de l’archipel, des palettes ont été utilisées pour bloquer les accès. Un jeune soupçonné d’avoir lancé un projectile a été interpellé.
Sous le slogan « Notre avenir n’est pas négociable », les élèves dénoncent notamment des infrastructures qu’ils jugent inadaptées aux fortes chaleurs tropicales, ainsi que leurs conditions quotidiennes dans les établissements.
« Nous avons souvent des coupures d’eau, nos toilettes sont non mixtes, elles ne ferment pas, il n’y a pas de papier », détaille Noema Gane, élève en terminale au lycée Baimbridge. Elle évoque également l’absence de climatisation et des attentes pouvant atteindre « 1H30 en plein soleil pour pouvoir manger » à la cantine.
Les revendications portent également sur Parcoursup, dont le fonctionnement est jugé pénalisant par certains élèves antillais souhaitant poursuivre leurs études dans l’Hexagone.
À l’issue d’un conseil académique organisé le 5 octobre, Gabriele Fioni, recteur de la Guadeloupe, a reconnu la nécessité de « s’améliorer sur le remplacement des professeurs ».
Le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, a de son côté rappelé que la collectivité investissait « des millions d’euros » dans la rénovation des bâtiments scolaires.
Source : AFP - memento.fr


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