Une campagne de vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) et les infections à méningocoques sera déployée dans les collèges de La Réunion à partir du 23 mars 2026. Cette opération est menée conjointement par Agence régionale de santé La Réunion, Académie de La Réunion et la Caisse générale de sécurité sociale de La Réunion. Elle concerne les élèves âgés de 11 à 14 ans et se déroulera dans les établissements scolaires jusqu’au 24 avril 2026.
Les autorités sanitaires indiquent que les papillomavirus humains sont très fréquents : huit femmes et hommes sur dix y seront exposés au cours de leur vie. En France, ces virus sont responsables de plus de 7 000 cancers chaque année. Les cancers liés aux HPV concernent principalement le col de l’utérus (44 %), mais aussi l’anus (24 %) et l’oropharynx (22 %), ainsi que certains cancers du vagin, de la vulve et du pénis. Un quart de ces cancers touche les hommes.
Les infections à méningocoque peuvent quant à elles provoquer des méningites ou des septicémies graves, parfois mortelles, et entraîner des séquelles importantes. Environ 500 cas d’infection et 60 décès sont recensés chaque année en France. Les autorités sanitaires précisent que certaines formes de la maladie peuvent évoluer en moins de 24 heures.
La campagne de vaccination organisée dans les collèges s’adresse aux filles et aux garçons de 11 à 14 ans, sur autorisation parentale et avec présentation du carnet de santé. Plus de 14 000 élèves sont concernés à La Réunion. Les vaccinations seront réalisées par des professionnels de santé du Centre hospitalier universitaire de La Réunion, du Centre hospitalier Ouest Réunion ainsi que par des professionnels libéraux.
La vaccination contre les HPV repose sur deux injections. Pour garantir son efficacité, le schéma vaccinal prévoit deux doses espacées de cinq à treize mois. Un rattrapage vaccinal est également possible entre 15 et 26 ans, avec un protocole de trois doses. Selon les autorités sanitaires, la vaccination réalisée dès l’âge de 11 ans permet d’éviter jusqu’à 90 % des infections à l’origine des cancers liés aux HPV.
La vaccination contre les méningocoques A, C, W et Y nécessite une seule injection. Elle peut être administrée en même temps que le vaccin contre les HPV. Depuis le 1er janvier 2025, cette vaccination est obligatoire chez les nourrissons en France. La campagne menée dans les collèges vise à renforcer la protection des adolescents et à permettre un rattrapage vaccinal.
Les parents des élèves concernés ont reçu un courrier accompagné d’un formulaire d’autorisation à retourner au collège ou à signer en ligne. Pour la première phase de la campagne, l’accord d’au moins un des deux parents doit être transmis au plus tard le 19 mars 2026. Les vaccinations sont prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans reste à charge pour les familles.
En dehors de la campagne scolaire, les parents peuvent également faire vacciner leur enfant auprès d’un médecin, d’un pharmacien, d’un infirmier ou d’une sage-femme, munis du carnet de santé de l’enfant.
Les données de Santé publique France indiquent que la couverture vaccinale contre les HPV progresse à La Réunion, mais reste inférieure à celle observée en France hexagonale. À l’issue de la campagne 2024-2025, parmi les filles nées en 2012, 26 % avaient reçu au moins une dose et 13 % deux doses, contre respectivement 54 % et 36 % en France hexagonale. Chez les garçons, 18 % avaient reçu au moins une dose et 8 % deux doses, contre 44 % et 28 % dans l’Hexagone.
Concernant les infections à méningocoques, les données disponibles portent pour l’instant sur le vaccin contre le méningocoque C. Chez les adolescents de 16 ans, la couverture vaccinale atteint 63 % à La Réunion, contre 79 % en France hexagonale.
Les autorités sanitaires rappellent que l’objectif national est d’atteindre 80 % de couverture vaccinale contre les HPV d’ici 2030, dans le cadre de la stratégie décennale de lutte contre les cancers. Elles indiquent que la mobilisation des institutions, des professionnels de santé, des équipes éducatives, des associations, des parents et des adolescents est nécessaire pour atteindre cet objectif.
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