
Les représentants de l’agriculture et de l’agroalimentaire réunionnais se mobilisent contre les arbitrages inscrits dans le projet de loi de finances pour 2027. Réunis à Saint-Denis le 9 octobre, ils estiment que près de 24 millions d’euros de soutiens nationaux manqueraient aux agricultures des départements et régions d’Outre-mer, avec des conséquences sur la canne-sucre, l’élevage, les fruits et légumes et la banane.
Le PLF 2027 a été présenté par le Gouvernement le 1er octobre 2026 et doit désormais être examiné par le Parlement, qui pourra modifier les crédits prévus.
Le principal point de tension concerne la filière canne-sucre. Selon l’analyse budgétaire présentée par le collectif, 130,2 millions d’euros seraient inscrits en 2027, contre 143,4 millions précédemment, soit une diminution de 13,2 millions d’euros. L’écart atteindrait 17 millions d’euros par rapport au plafond de 147 millions d’euros d’aides autorisé.
La filière sucrière ultramarine reste fortement dépendante des soutiens publics en raison de contraintes structurelles et de coûts de production élevés, un constat récemment documenté par le Sénat.
Élevage, diversification et banane également concernés
Les acteurs réunionnais pointent également la disparition d’un abondement national de 5 millions d’euros au Régime spécifique d’approvisionnement (RSA), utilisé notamment pour soutenir les filières animales, ainsi qu’un prélèvement annoncé de 1,7 million d’euros sur l’enveloppe consacrée à la banane.
Ces baisses interviennent alors que les aides aux filières ultramarines financent notamment le RSA, les productions animales, les cultures de diversification, la canne-sucre-rhum et la banane.
À La Réunion, le collectif rappelle que l’agriculture locale couvrirait 75 % des besoins en produits frais et représenterait 36 % de la production agricole des DROM. Le territoire compte plus de 6 000 exploitations agricoles, auxquelles s’ajoutent plus de 200 entreprises liées à la pêche, selon les données présentées.
« Le monde agricole est en colère. La parole de l’État n’est pas respectée ni vis-à-vis de la filière canne, ni de l’agriculture dans son ensemble, ni de La Réunion », déclare Jean-François Sababady, coprésident de l’interprofession CPCS.
Une enveloppe de 30 millions d’euros réclamée
Les organisations demandent au Gouvernement et aux parlementaires de rétablir les 24 millions d’euros, de maintenir l’enveloppe nationale de la filière canne-sucre, de sécuriser les aides à l’élevage et aux fruits et légumes et de conserver les moyens actuellement attribués à la banane.
Elles proposent de consacrer environ 30 millions d’euros à l’agriculture ultramarine, soit autour de 2 % du plan d’urgence agricole de 1,3 milliard d’euros cité par le collectif. Cette enveloppe comprendrait également 5 millions d’euros destinés à un fonds de “décollage agricole” pour Mayotte et la Guyane.
« Soutenir la production locale, c’est aussi préserver le pouvoir d’achat des Réunionnais dans un contexte d’inflation particulièrement préoccupant », affirme Olivier Robert, président de l’ARIBEV, qui appelle également au maintien du couplage des aides et du RSA.
Les inquiétudes sur ces arbitrages avaient déjà été relayées avant la présentation du PLF par plusieurs élus ultramarins, qui évoquaient eux aussi un risque de baisse proche de 24 millions d’euros.
Affaire à suivre...
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