
Huit salariés d’EDF ont été condamnés, le 8 octobre 2026, par le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre à des peines allant jusqu’à 18 mois de prison, dont une partie avec sursis, dans l’affaire de la coupure électrique généralisée survenue en octobre 2024 en Guadeloupe. Six autres prévenus ont été relaxés. Les salariés condamnés ont fait appel de la décision.
Quatorze personnes avaient été jugées en juin 2026 pour association de malfaiteurs et mise en danger de la vie d’autrui dans cette affaire dite du « black-out ».
Parmi les huit salariés condamnés figure Nathanaël Verin, l’un des responsables syndicaux impliqués dans le mouvement social de l’époque.
Deux salariés ont été condamnés à 18 mois d’emprisonnement, dont dix mois assortis d’un sursis probatoire. La partie ferme de leur peine doit être exécutée sous la forme d’une détention à domicile sous surveillance électronique, selon la cour d’appel de Basse-Terre.
Ils ont également reçu une interdiction d’exercer leur profession pendant trois ans.
Six autres salariés ont été condamnés à 12 mois de prison avec sursis et 6 000 euros d’amende. L’ensemble des peines prononcées a été assorti de l’exécution provisoire.
Le tribunal a par ailleurs fait droit à la plupart des demandes formulées par les parties civiles. Le dossier a été renvoyé à une audience prévue en janvier 2027 afin de statuer sur les préjudices subis, notamment par EDF.
« Nous prenons acte de la décision du tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre », a réagi EDF.
Le groupe rappelle que la coupure avait « fortement impacté les habitants et les acteurs économiques du territoire ». Il indique avoir mobilisé ses moyens humains et matériels dès les premières heures afin de remettre en service la centrale de Jarry et de rétablir progressivement l’alimentation électrique.
En octobre 2024, un conflit social au sein d’EDF-PEI, filiale du groupe public chargée de la production d’électricité dans les territoires insulaires, avait entraîné plusieurs délestages en Guadeloupe.
Le 24 octobre 2024 au matin, la centrale de Jarry avait été brutalement mise à l’arrêt, provoquant une coupure généralisée qui avait duré jusqu’à 39 heures selon les secteurs du département.
L’arrêt du système électrique avait eu de multiples conséquences sur le territoire : pillages, pertes économiques, interruption de l’alimentation en eau potable et des télécommunications ainsi que difficultés dans la prise en charge des soins médicaux.
Lors de leur procès, les salariés avaient reconnu leur participation à un mouvement social mais avaient contesté être responsables de la coupure généralisée.
Leurs avocats avaient dénoncé une « criminalisation de l’activité syndicale ».
Le 5 octobre 2026, la CGT Guadeloupe avait également interrogé le préfet sur « l’absence d’explication technique » concernant « l’incapacité du système électrique d’absorber cette perte de production (...) ou d’empêcher l’effondrement général du réseau ».
Les salariés condamnés ont décidé de faire appel du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre.
memento.fr


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