
Le rejet, jeudi 8 octobre, d’une proposition de résolution visant à garantir un accès continu à l’eau potable dans les territoires ultramarins provoque la colère du Rassemblement national. Porté par la députée de Mayotte Anchya Bamana, le texte a été repoussé de justesse par l’Assemblée nationale, avec 160 voix contre, 156 pour et six abstentions. Une décision que le parti de Marine Le Pen dénonce vivement dans un courrier adressé à ses adhérents.
Pour le RN, cette résolution dépassait les clivages politiques puisqu’elle concernait « un droit fondamental qui n’est plus respecté, un bien vital qui disparaît » et « une urgence humanitaire de plus en plus préoccupante ».
Le parti rappelle qu'en dépit du lancement du Plan Eau DOM, il y a huit ans, les difficultés d'approvisionnement demeurent considérables dans plusieurs territoires français. Selon les chiffres avancés dans son courrier, 75 000 habitants de Guyane et de Mayotte seraient privés d’accès à l’eau potable, tandis que 30 % de la population mahoraise ne disposerait pas d’un accès direct à l’eau courante.
En Guadeloupe et en Martinique, les coupures répétées et les restrictions de distribution continuent de perturber la vie quotidienne. Les infrastructures vieillissantes aggravent la situation, avec des pertes pouvant atteindre, selon le RN, « 50 %, 60 %, parfois jusqu’à 80 % » de l’eau transportée dans les réseaux.
La Réunion également concernée par le coût de l’eau
Au-delà des difficultés d'approvisionnement, le Rassemblement national dénonce une profonde injustice économique. Selon les données qu'il communique, la facture d'eau représenterait 1,4 % du budget d'un ménage dans l'Hexagone, contre 3 % à La Réunion, 6,2 % en Guyane et jusqu'à 25 % des revenus des foyers les plus modestes à Mayotte.
Ces écarts illustrent, selon le parti, une rupture d'égalité entre les citoyens français face à un service indispensable à la santé et à la vie quotidienne.
Un rejet politique qui suscite la polémique
Dans son courrier, le RN accuse directement les parlementaires de gauche et du bloc central d'avoir privilégié les considérations partisanes à l'urgence sanitaire. Il estime que le 8 octobre restera « un jour sombre pour la représentation nationale ».
Le débat parlementaire a toutefois révélé des divergences sur les moyens d'action plutôt que sur la gravité de la situation. Plusieurs députés opposés au texte ont reconnu l'urgence de garantir l'accès à l'eau potable, tout en reprochant à la résolution son absence de financement, de calendrier et de mesures opérationnelles précises.
Les parlementaires socialistes et insoumis ont notamment défendu la nécessité d'investissements massifs dans les infrastructures et de mesures législatives contraignantes, estimant qu'une simple résolution, dépourvue de portée normative, ne permettrait pas de résoudre les difficultés rencontrées par les populations ultramarines.
Reste une réalité sur laquelle les différents groupes politiques semblent s'accorder. Dans plusieurs territoires français d'outre-mer, l'accès permanent à une eau potable demeure un défi majeur. Derrière les affrontements parlementaires, des centaines de milliers d'habitants attendent toujours des solutions durables pour bénéficier d'un service considéré comme élémentaire dans l'Hexagone.
Mémento


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