
Très populaires auprès des adolescents, les boissons énergisantes pourraient bientôt être interdites à la vente aux moins de 16 ans. Deux députés, Sandrine Runel (PS) et Yannick Neuder (LR), souhaitent renforcer la réglementation de ces produits dont la consommation suscite des inquiétudes sanitaires. Une mesure qui concernerait directement La Réunion, où ces boissons sont largement commercialisées dans les grandes surfaces, les commerces de proximité et les stations-service.
Red Bull, Monster Energy, Crazy Tiger et autres boissons énergisantes ont trouvé leur place dans les habitudes de consommation des jeunes. Derrière leurs emballages colorés et leurs promesses de vitalité se cachent pourtant des concentrations parfois importantes de caféine, de sucre et d'autres substances stimulantes.
Une canette de 25 cl de Red Bull contient environ 27 grammes de sucre, soit près de sept morceaux. Certaines boissons commercialisées dans des formats plus généreux peuvent en contenir davantage. À cela s'ajoutent la caféine et la taurine, dont les effets sur les adolescents préoccupent les professionnels de santé.
Selon les données de Santé publique France citées par Le Parisien, 28,3 % des lycéens déclaraient en 2024 avoir déjà consommé une boisson énergisante, même ponctuellement.
Si cette proposition aboutit, les commerçants réunionnais devraient refuser la vente de ces produits aux moins de 16 ans. Une nouvelle contrainte pour les distributeurs, qui pourraient être amenés à vérifier l'âge de leurs jeunes clients.
La question mérite une attention particulière dans une île où le diabète et les maladies métaboliques constituent déjà des enjeux majeurs de santé publique. Sans être la seule cause de ces pathologies, la consommation excessive de boissons très sucrées contribue aux déséquilibres alimentaires que les autorités sanitaires cherchent à combattre.
Les effets d'une consommation importante de caféine ne sont pas non plus anodins. Troubles du sommeil, nervosité, palpitations et difficultés de concentration figurent parmi les risques évoqués, particulièrement chez les plus jeunes.
La Norvège, la Lituanie et la Pologne ont déjà adopté des restrictions concernant la vente de boissons énergisantes aux mineurs. Le Québec a également engagé des mesures dans ce domaine.
En France, les deux députés souhaitent désormais aller plus loin que les recommandations sanitaires et les avertissements figurant sur les emballages.
Pour La Réunion, cette éventuelle interdiction soulève aussi une interrogation économique. Les boissons énergisantes occupent une place dans les rayons et représentent un marché pour les distributeurs. Une restriction d'âge pourrait modifier les habitudes d'achat sans nécessairement entraîner une baisse importante des ventes.
Reste à savoir si le Parlement suivra cette initiative. À ce stade, aucune interdiction générale de vente aux moins de 16 ans n'est entrée en vigueur en France. Mais le débat est lancé et pourrait prochainement concerner l'ensemble des commerces réunionnais.
Mémento


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