
La Guadeloupe affiche un niveau préoccupant d’atteintes à la probité. Selon l’Agence française anticorruption (AFA), leur nombre serait quatre fois supérieur à la moyenne nationale. Un constat alarmant présenté vendredi 9 octobre par Isabelle Jegouzo, directrice de l’agence, lors d’un déplacement dans l’archipel, rapporte l’AFP.
« En Guadeloupe, on a plus qu’ailleurs de la prise illégale d’intérêts et du détournement de fonds publics », a précisé la responsable. Selon ses indications, près de 80 % des infractions concernent le secteur public local et les élus, contre 20 % pour les services de l’État.
Les collectivités particulièrement exposées
Pour tenter d’enrayer ces pratiques, une délégation de l’AFA mène une campagne de sensibilisation auprès des responsables de l’aéroport, du Grand Port maritime, des administrations, des collectivités territoriales et des entreprises.
Le préfet Thierry Devimeux souligne les risques propres aux territoires insulaires où les relations de proximité peuvent favoriser les conflits d’intérêts. « Nous sommes dans un petit territoire, en plus insulaire, où tout le monde se connaît », explique-t-il.
Autre facteur aggravant, la pression exercée par les réseaux de narcotrafic, qui cherchent à infiltrer les institutions et les activités économiques en utilisant la corruption.
Prévenir plutôt que sanctionner
Face à cette situation, l’AFA privilégie le renforcement des dispositifs de prévention, la formation des agents publics, les mécanismes d’alerte et les contrôles internes.
Isabelle Jegouzo estime que cette situation « n’est pas une fatalité » et insiste sur la nécessité de mieux accompagner les responsables publics confrontés à des sollicitations susceptibles de constituer des infractions.
Présent lors des échanges, Ferdy Louisy, ancien président du Syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de Guadeloupe, s’interroge sur les moyens financiers et matériels que l’État consacrera à cette lutte. Il souligne également que certaines pratiques peuvent résulter d’une méconnaissance des règles plutôt que d’une volonté délibérée de corruption.
Si les conséquences économiques et financières de ces infractions demeurent difficiles à évaluer, les autorités entendent renforcer leur vigilance. Après la Guadeloupe, l’Agence française anticorruption poursuivra sa mission en Martinique, puis en Guyane.
Mémento


0 COMMENTAIRE(S)