
La Région Réunion répond aux critiques de Patrice Selly sur l’élaboration du Schéma d’aménagement régional. Selon le communiqué reçu par Le Mémento, la collectivité regrette que les déclarations du maire de Saint-Benoît relèvent d’une « logique de confrontation » et affirme vouloir privilégier « le dialogue constructif », le respect mutuel et la recherche de solutions.
L’exécutif régional soutient que la concertation avec Saint-Benoît a commencé il y a plus de quatre ans et a donné lieu à plusieurs réunions. Après les élections municipales et communautaires de mars 2026, la présidente Huguette Bello a réuni les collectivités lors d’un séminaire consacré au SAR, le 19 mai. Des échanges bilatéraux ont ensuite été conduits avec les communes et les intercommunalités à partir d’une première proposition.
La Région indique avoir modifié le projet pour intégrer les avis et les propositions reçus. Chaque commune et chaque établissement public de coopération intercommunale aurait reçu un courrier présentant les résultats de la concertation et les arbitrages retenus. La mairie de Saint-Benoît, la CIREST et les autres communes de l’Est figurent, selon la collectivité, parmi les destinataires.
La version amendée a été présentée le 30 septembre aux 65 institutions composant la commission d’élaboration du SAR. Patrice Selly aurait alors pu exposer sa position. La Région assure qu’une « très grande part » des demandes formulées par Saint-Benoît, la CIREST et les communes de l’Est a été retenue lorsqu’elle était justifiée et compatible avec l’équilibre général du schéma.
Pour le territoire bénédictin, le projet prévoit notamment la zone d’activités de Beauvallon, le pôle agroalimentaire de Beaufond et des secteurs liés aux activités maritimes au Butor et à Bourbier. Les secteurs de Cornardel et de Beaulieu sont également mentionnés comme des possibilités de développement qui doivent encore être précisées par la commune et l’intercommunalité.
La collectivité défend une orientation destinée à renforcer l’activité économique et l’attractivité de l’Est. Elle conteste en revanche les demandes de Saint-Benoît relatives au développement résidentiel. D’après le communiqué, la commune fonde ses prévisions sur une stagnation démographique tout en réclamant davantage de surfaces.
La Région estime que ces demandes ne reposent sur « aucune étude sérieuse, aucun projet concret ni aucune justification étayée ». Elle considère qu’elles pourraient conduire à des « extensions urbaines disproportionnées et irréalistes » et s’interroge sur la volonté réelle de la commune de participer à une dynamique de rattrapage économique et démographique de l’Est.
Le débat reste ouvert puisque le projet n’est pas encore adopté. La présidente de Région doit d’abord arrêter formellement le texte. Celui-ci sera ensuite transmis pour avis aux personnes publiques associées, dont les communes, avant l’organisation d’une enquête publique.
Le Conseil régional devra examiner la version définitive en séance plénière au cours de l’année 2027. Le schéma sera ensuite soumis à l’approbation de l’État.
À travers cette réponse, la Région défend la méthode suivie et appelle les collectivités à poursuivre les échanges. Elle estime que l’aménagement du territoire doit répondre à une logique d’équilibre régional et ne peut être fixé unilatéralement par une seule institution.
Mémento


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