
La Ville de Saint-Paul entend renforcer son action face aux difficultés d’accès au logement social à La Réunion. À la suite de sa participation au 86e Congrès HLM organisé à Bordeaux, le maire Emmanuel Séraphin a présenté plusieurs orientations autour du financement, de la proximité, du foncier et de l’adaptation des logements au changement climatique.
Premier principe défendu, celui de "loger sans déraciner". La commune souhaite permettre aux familles de rester à proximité de leurs attaches, aux personnes âgées de conserver leur environnement et aux jeunes ménages de trouver un logement dans leur bassin de vie. Cette approche repose sur le développement simultané des quartiers de proximité et de projets d’aménagement plus importants.
À Plateau Caillou, la ZAC Renaissance III prévoit ainsi "près de 2 000 logements à terme". La municipalité souhaite conjuguer ces opérations structurantes avec des programmes développés notamment dans les Hauts afin de maintenir un équilibre entre les différents secteurs de Saint-Paul.
La question du financement occupe également une place importante. Au 30 juin 2026, "plus de 2,9 millions de ménages étaient en attente d’un logement social en France". Dans les Départements et Régions d’Outre-mer, "104 000 demandes" étaient recensées, dont "53 000 à La Réunion".
Les acteurs du logement social ultramarin demandent notamment "le déblocage d’au moins 60 millions d’euros de crédits complémentaires à la Ligne Budgétaire Unique pour les DROM dès 2026", ainsi qu’une sécurisation durable des dispositifs de financement.
Sur les "236,25 millions d’euros d’autorisations d’engagement de LBU votés pour 2026", seuls "105,9 millions" auraient été notifiés aux territoires ultramarins. À La Réunion, les bailleurs ont présenté un programme comprenant "1 832 logements neufs et 1 162 logements à réhabiliter", représentant un besoin annoncé de "70 millions d’euros de LBU", contre "43,3 millions" proposés par l’État.
Saint-Paul souhaite également préparer une candidature au troisième programme national de renouvellement urbain, ANRU 3, pour le secteur de Grande Fontaine.
La question foncière constitue un autre chantier. La Ville propose la création d’un dispositif spécifique pour les personnes en attente de régularisation foncière, afin qu’elles puissent bénéficier "d’un statut spécifique, autre que celui d’occupant sans titre".
À Saint-Paul, certaines familles vivent depuis plusieurs générations sur des terrains communaux sans disposer d’un titre foncier régulier. Ces situations peuvent compliquer la rénovation des logements, la modernisation des réseaux ou encore la sécurisation juridique des occupants. La municipalité souhaite s’appuyer notamment sur l’expérience du programme Proprié’Tèr et sur les opérations de résorption de l’habitat insalubre pour faire évoluer les dispositifs existants.
Dernier axe défendu, celui d’une "intelligence climatique réunionnaise". Emmanuel Séraphin estime que les territoires ultramarins ne sont "pas seulement exposés au dérèglement climatique" mais qu’ils peuvent également être "porteurs de solution". L’enjeu consiste à adapter la construction et la réhabilitation des logements sociaux aux réalités climatiques de La Réunion.
La ligne défendue par la municipalité repose ainsi sur trois leviers complémentaires, construire, réhabiliter et régulariser, avec l’ambition de permettre aux habitants de se loger dignement sans être contraints de quitter leur quartier.
Mémento


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