Combat en très haute altitude : les industriels français déploient dirigeables et ballons

© SCH Christian Hamilcaro / Ministère des armées

Face aux enjeux du combat en très haute altitude, cette zone grise entre les avions et les satellites, les industriels français, poussés par l’État, passent à la vitesse supérieure avec des dirigeables et ballons stratosphériques ou avions solaires qui doivent permettre de surveiller des zones sensibles ou de détecter des missiles plus rapidement. Le coup d’accélérateur a été donné en juin au salon du Bourget lorsque Sébastien Lecornu, alors ministre de la Défense et aujourd’hui Premier ministre, a dévoilé la stratégie de la France pour se protéger et agir en « très haute altitude » (THA).

Il a appelé les industriels à faire vite pour éviter « ce que nous avons vécu avec les drones », domaine dans lequel la France a pris du retard. Thales s’est lancé dès 2016 avec Stratobus, projet de dirigeable à énergie solaire, qui doit être prêt vers 2030-2031. Il pourra aller jusqu’à 20 km de haut et voler jusqu’à un an, « une performance monstrueuse » comparé à un avion, souligne Yannick Combet, directeur du programme Stratobus chez Thales Alenia Space.

- « Énorme intérêt » -

Ce dirigeable « surveille, observe et espionne mieux, avec une meilleure résolution » qu’un satellite, a expliqué le responsable au cours d’une rencontre organisée lundi par l’Association des journalistes de l’aéronautique.

Ce système stationnaire et « régional », pouvant couvrir une zone de 500 km de diamètre au sol, est complémentaire aux satellites et offre une « observation sur un temps long ». Il pourrait être utile en cas de prise d’otages, dans l’après-guerre en Ukraine ou lors de catastrophes comme le cyclone Chido à Mayotte, en facilitant connectivité, coordination et recherche des victimes. Stratobus pourrait aussi permettre de détecter un missile « une minute plus tôt » que les systèmes existants, ce qui faciliterait son interception.

Géré par une vingtaine de personnes au sol, le dirigeable est moins cher qu’Awacs, un système embarqué sur avion radar pour détecter et suivre avions, missiles ou navires à grande distance, utilisé aujourd’hui par une vingtaine de pays. « Il y a un énorme intérêt » pour cet engin afin de surveiller « des sites stratégiques ou les frontières », insiste Yannick Combet.

Long de 140 mètres, l’appareil pourrait contenir la cathédrale Notre-Dame. Grâce aux développements des matériaux composites, robustes mais légers, il pèsera 8 tonnes contre 260 pour les dirigeables d’avant-guerre. « On est en train de fabriquer deux démonstrateurs de 60 mètres de long », chacun avec « l’objectif de les faire voler depuis les Canaries, entre 2026 et 2028 », avant de sortir un modèle grandeur nature au début de la décennie suivante.

Hemeria prépare de son côté un deuxième vol d’essai en octobre depuis le port spatial de Kourou, en Guyane française, de son ballon stratosphérique BalMan, pour « tester le changement d’altitude ». « On est en phase de qualification en vol réel », souligne Alexandre Hulin, responsable du projet chez Hemeria.

- Ballon chinois abattu -

« On est capable de bouger le (ballon) dans un conteneur sur le globe, par avion par exemple, de lâcher le ballon rapidement, de le positionner sur un site pas trop éloigné et de faire une mission d’observation à 20 km pendant 3 à 6 mois », précise-t-il. Le groupe travaille « sur la propulsion additionnelle » pour améliorer la manœuvrabilité de l’engin.

Les deux systèmes font face à la concurrence chinoise et américaine en THA, cette zone comprise entre environ 20 et 100 kilomètres d’altitude qui devient un espace de conflictualité, symbolisé par l’affaire du « ballon chinois », abattu par un chasseur américain en février 2023 après avoir survolé le Canada et les États-Unis. Airbus assure de son côté que son projet Zephyr, avion solaire sans pilote propulsé par deux moteurs électriques, est « très avancé ». Alimenté par des batteries rechargées par énergie solaire, il répond au concept du « vol quasi-infini » en rechargeant ses batteries le jour.

En vol depuis 2014, il a battu en 2025 un record avec 67 jours de vol non-stop en très haute altitude entre le Kenya, où sont basés les Zephyr, et l’Australie. Équipé d’outils optiques, manœuvrable et stable en vol, cet avion est capable de prendre des images à 15 cm de résolution depuis la stratosphère.


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