Ce dimanche 31 mai 2026 marque la Journée mondiale sans tabac. À cette occasion, l’ARS La Réunion rappelle l’ampleur des conséquences du tabagisme sur l’île. Selon le communiqué, “600 réunionnais décèdent chaque année à cause du tabagisme”. La consommation de tabac reste la première cause de mortalité évitable et tue à long terme un fumeur sur deux.
Cette journée, portée chaque année par l’Organisation mondiale de la Santé, rappelle les dangers du tabac pour la santé et pour la société. Le thème retenu cette année, “Démasquons les tactiques de séduction – luttons contre la dépendance à l’égard du tabac et contre l’addiction nicotinique”, cible plus particulièrement les stratégies marketing développées autour des cigarettes électroniques, des puffs et des nouveaux produits dérivés.
À La Réunion, l’ARS insiste sur la nécessité de protéger les jeunes face à ces nouvelles formes de consommation. Si le tabagisme quotidien diminue chez les adolescents, la progression du vapotage appelle à la vigilance. Le communiqué indique que 9,5 % des lycéens déclarent un usage quotidien de tabac et/ou de cigarette électronique, dont 2,6 % utilisent les deux produits chaque jour.
Chez les jeunes de 17 ans, près de 9 % des Réunionnais fument quotidiennement en 2023, contre 21 % en 2017. La baisse est nette, mais la vape progresse fortement. Selon les données citées par l’ARS, 58 % des jeunes Réunionnais de 17 ans ont déjà expérimenté la cigarette électronique, un niveau proche de celui observé dans l’Hexagone.
Chez les adultes, la consommation quotidienne de tabac recule également. Le communiqué indique que 16 % des Réunionnais de 18 ans et plus fument quotidiennement en 2024, contre 21 % en 2021. Mais le tabac demeure un facteur de risque majeur pour de nombreuses pathologies graves, notamment les cancers du poumon, de la gorge, de la bouche, des lèvres ou du pancréas, ainsi que les maladies cardio-vasculaires et les affections respiratoires chroniques comme la BPCO.
L’ARS rappelle toutefois qu’il “est toujours temps d’arrêter de fumer”. Même lorsqu’il intervient tardivement, le sevrage tabagique apporte des bénéfices importants et rapidement mesurables pour la santé.
La question des puffs reste particulièrement sensible. Les cigarettes électroniques jetables ont été interdites en février 2025, mais de nouveaux dispositifs proches sont apparus. Le communiqué souligne que ces produits, souvent présentés avec des arômes sucrés et un marketing attractif, favorisent l’initiation à la nicotine chez les adolescents et cherchent à créer une dépendance.
L’ARS rappelle que la nicotine agit directement sur le cerveau en développement des jeunes et peut entraîner une dépendance. Le vapotage expose aussi les utilisateurs à l’inhalation de substances chimiques dont les effets à long terme restent encore insuffisamment connus.
Pour accompagner les personnes qui souhaitent arrêter de fumer ou de vapoter, plusieurs dispositifs existent. Le communiqué rappelle qu’avec un accompagnement par des professionnels de santé formés et une prescription adaptée de traitements nicotiniques de substitution, il est possible d’arrêter durablement en six à douze mois.
Les fumeurs peuvent notamment se tourner vers les consultations de tabacologie dans les établissements de santé ou les CSAPA, vers des professionnels de santé de proximité, ou encore vers la plateforme téléphonique Tabac Info Service au 39 89. Des informations locales sont également disponibles sur les sites masante.re et tienbolargsa.re.
La lutte contre le tabagisme reste une priorité pour l’ARS La Réunion. L’agence soutient notamment des actions de prévention en milieu scolaire, la mise en place de lieux sans tabac, des campagnes de sensibilisation et le développement d’une offre de soins renforcée en tabacologie.
Dès le second semestre 2026, une expérimentation portée par l’Association des tabacologues enthousiastes de l’île de La Réunion doit permettre d’améliorer l’accompagnement des fumeurs à travers un parcours de soins coordonné, associant professionnels de santé de proximité, tabacologues et suivi personnalisé sur plusieurs mois.
L’ARS a également signé la charte “Institution sans tabac”, aux côtés de la CGSS. D’autres institutions et collectivités devraient rejoindre cette démarche en 2026. À travers cette mobilisation, l’objectif reste clair, réduire l’exposition à la fumée, prévenir l’entrée dans la dépendance et rappeler qu’un arrêt du tabac reste possible à tout âge.
Memento

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