Les principaux partis non-indépendantistes de Nouvelle-Calédonie et le mouvement centriste L’Éveil océanien ont présenté un accord de gouvernance ouvrant la voie à une nouvelle majorité au Congrès. Ce texte a conduit à l’élection de Virginie Ruffenach à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie le vendredi 10 juillet 2026. Il prévoit également l’élection de Milakulo Tukumuli à la tête du gouvernement à la fin du mois.
L’accord a été présenté au Congrès de la Nouvelle-Calédonie par Sonia Backès, des Républicains calédoniens, Virginie Ruffenach, du Rassemblement, Nicolas Metzdorf, de Générations NC, Gil Brial, du Mouvement populaire calédonien, et Milakulo Tukumuli, de L’Éveil océanien. Les quatre élus de L’Éveil océanien donnent à cette coalition une majorité au Congrès. Leur position était décisive après les élections provinciales du 28 juin 2026. À l’issue du scrutin, les indépendantistes disposent de 26 élus au Congrès, contre 24 pour les formations non-indépendantistes.
Une répartition des responsabilités
L’accord de gouvernance prévoit de confier la présidence de la commission permanente du Congrès à Veylma Falaeo. Au gouvernement, quatre membres reviendront aux Loyalistes, un au Rassemblement, tandis que la présidence sera confiée à L’Éveil océanien, selon les responsables de la coalition. Présenté pour la mandature 2026-2031, le texte prévoit de mettre entre parenthèses les divergences sur l’avenir institutionnel afin de concentrer l’action de la majorité sur quatre priorités :
"Nous avons trouvé un compromis pour gouverner ensemble le pays", a déclaré Milakulo Tukumuli. Il a indiqué que les partenaires avaient décidé de "s’élever au-dessus des divergences" pour "mettre la Nouvelle-Calédonie au centre de l’intérêt commun". Sonia Backès, présidente des Républicains calédoniens, a assuré que les partenaires avaient cherché à "enlever les irritants et à concilier [leurs] différences".
Le député Nicolas Metzdorf a revendiqué un compromis entre deux sensibilités économiques. "Avant de redistribuer la richesse, il faut en créer", a-t-il déclaré, ajoutant qu’il valait "mieux essayer de négocier" avec Milakulo Tukumuli, qu’il décrit comme "fondamentalement socialiste", plutôt que "subir une politique de gauche" depuis l’opposition.
Virginie Ruffenach élue présidente du Congrès
Conformément à l’accord de gouvernance, Virginie Ruffenach a été élue le vendredi 10 juillet 2026 à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Âgée de 52 ans, elle est une ancienne professeure de physique-chimie. Elle est devenue secrétaire générale de son parti en 2016. Présidente du groupe Le Rassemblement au Congrès depuis 2019, elle en a été première vice-présidente entre 2024 et 2026. Candidate du Rassemblement aux élections municipales de Nouméa en 2026, elle dirige le principal groupe d’opposition au conseil municipal. Elle a également conduit la délégation de son parti lors des discussions institutionnelles de Bougival en 2025.
Un rapprochement déjà tenté après 2019
Cette nouvelle majorité marque le retour d’un rapprochement entre L’Éveil océanien et les formations loyalistes. Les deux camps avaient déjà été alliés à l’issue des élections provinciales de 2019, avant l’éclatement rapide de cette première coalition sur fond de désaccords liés au processus référendaire. Le scrutin du 28 juin 2026 reposait sur un corps électoral gelé depuis 2007. Seuls votaient les résidents installés avant 1998 et leurs descendants. Une tentative d’élargir cet électorat à des résidents plus récents avait déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024, qui ont fait 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts.
Au printemps 2026, une loi organique a intégré 10 575 natifs jusque-là exclus du corps électoral. Le nombre d’inscrits est ainsi passé de 169 000 en 2019 à 192 500.
memento.fr

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