Unicancer, la fédération qui regroupe les 18 centres de lutte contre le cancer, a présenté, jeudi 9 juillet 2026, ses propositions en vue de la présidentielle. Son plaidoyer s’articule autour de plusieurs priorités : garantir une prise en charge équitable du cancer dans toute la France, améliorer la qualité des soins, accélérer la recherche et soutenir l’innovation. La fédération porte 25 propositions pour le prochain quinquennat. Elle rappelle que, malgré les progrès réalisés en matière de dépistage, de diagnostic et de traitements, le cancer demeure la première cause de mortalité en France. Son incidence progresse et sa prise en charge représente environ 27 milliards d’euros de dépenses d’assurance maladie.
Des inégalités territoriales, économiques et sociales
Unicancer alerte sur les "inéquités" que subissent certains patients, à la fois territoriales, économiques et sociales, comme l’ont souligné Steven Le Gouill, de l’Institut Curie, et Emmanuel Barranger, du centre Antoine Lacassagne, tous deux vice-présidents de la fédération. Les patients n’ont pas tous "accès aux mêmes conditions de prévention, aux mêmes dépistages, aux mêmes traitements... et aux mêmes chances de guérison", a indiqué le Pr Jean-Yves Blay, président d’Unicancer et directeur du centre Léon Bérard.
Pour la fédération, les prochaines années seront décisives pour accélérer le virage préventif, améliorer le dépistage, garantir l’accès équitable de tous les patients aux soins et à l’innovation, réduire les délais de prise en charge, soutenir la recherche, accompagner le retour à l’emploi et former davantage de professionnels. Sur le plan budgétaire, "l'équation est complexe" et "il faudra faire des compromis", a jugé le Pr Jean-Yves Blay.
Prévention, dépistage et loi de programmation
Pour renforcer l’équité, Unicancer recommande notamment de développer la prévention personnalisée, de généraliser la vaccination contre les papillomavirus et de créer des centres de prévention de proximité adossés à des centres experts. "Pour favoriser les prises en charge globales et coordonnées sur l'ensemble du territoire, y compris Outre mer, la première priorité, c'est d'obtenir une loi de programmation pluriannuelle en santé, assortie d'une trajectoire dédiée pour la cancérologie", a défendu Sophie Beaupère, déléguée générale d’Unicancer.
Lever les freins à l’innovation
En matière d’innovation, la fédération appelle à lever plusieurs "freins", dans un contexte de compétition mondiale renforcée par la place croissante de la Chine en cancérologie. Entre les États-Unis et la Chine, "les Européens ont leur place et la France est un acteur majeur", a estimé le Pr Steven Le Gouill, qui interroge la capacité de l’Europe à devenir plus attractive : "comment fait-on au niveau européen, non pas pour réguler, réguler mais pour rendre l'Europe plus attractive ?" En France, Unicancer demande aussi davantage de moyens financiers pour les centres de lutte contre le cancer, notamment par la correction d’inégalités qu’elle estime exister avec les hôpitaux publics.
memento.fr

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