Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a assuré le 9 juillet 2026 que la rentrée scolaire se ferait avec un nombre suffisant d’enseignants, en attribuant cette amélioration à la réforme du concours. Les syndicats jugent toutefois ce constat prématuré, en raison notamment de la période transitoire ouverte entre les concours à bac+3 et à bac+5.
"Nous aurons assez de professeurs" à la rentrée 2026, a déclaré Édouard Geffray, en mettant en avant "l’effet très net" de la réforme sur l’attractivité du métier. Le ministre a toutefois nuancé cette affirmation en rappelant qu’il ne pouvait pas garantir qu’un professeur absent serait remplacé "dans les deux heures". Sur environ 25 000 postes proposés dans le premier degré, qui regroupe les écoles maternelles et primaires, et dans le second degré, qui concerne les collèges et lycées, 24 351 ont été pourvus cette année à l’issue des concours externes. Ces concours étaient accessibles, pour la première fois, à partir de bac+3.
Des recrutements en hausse par rapport à 2025
Selon Édouard Geffray, 24 000 candidats ont été admis cette année, contre 16 000 l’an dernier, soit "49 % de recrutement en plus" pour "40 % de places en plus". Le ministre y voit "une différence extrêmement notable" avec 2025, année où 16 311 candidats avaient été admis pour 17 800 postes proposés.
Le ministère précise que le taux de postes pourvus atteint :
La situation s’améliore également dans certaines disciplines qui connaissaient jusque-là un nombre important de postes non pourvus, notamment les mathématiques, la physique-chimie, les lettres modernes et l’allemand. Édouard Geffray a aussi souligné que des académies chroniquement déficitaires en enseignants, comme Créteil et Mayotte, étaient cette année intégralement pourvues.
Un concours désormais accessible à bac+3
Mise en place cette année pour répondre à la crise du recrutement, la réforme du concours enseignant a avancé le concours à la fin de la licence, avec l’objectif d’élargir le vivier de candidats. Jusqu’à l’an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier comme dans le second degré, ne pouvaient se présenter qu’après un master, à bac+5. Cette année, une double session a été organisée : les nouveaux concours à bac+3 ont coexisté avec les concours à bac+5 déjà en place. Ce système transitoire doit se poursuivre jusqu’en 2027, avant la disparition définitive du concours à bac+5 en 2028.
La grande majorité des admis l’ont été au niveau bac+3, selon le ministère. Ils intégreront en septembre un Master enseignement et éducation, le M2E, formation professionnalisante de deux ans et rémunérée. Le ministre a rejeté l’idée d’un concours "bradé". "La moyenne des notes s’améliore dans la quasi totalité des concours", a-t-il assuré.
Des syndicats qui attendent 2028 pour tirer un bilan
Pour les syndicats, il est trop tôt pour conclure à un regain durable d’attractivité. "C’est une augmentation en trompe-l’œil", a estimé Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré. Au SE-Unsa, Matthieu Drouhin évoque une "amélioration mécanique" liée à l’existence de deux concours parallèles. Pour ces deux responsables syndicaux, le "véritable bilan" ne pourra être établi qu’à l’issue de la phase transitoire, en 2028.
"L’histoire ne s’arrête pas aux lauréats de concours", a aussi insisté Sophie Vénétitay, en évoquant une phase d’affectation des futurs enseignants qu’elle juge déjà "très chaotique". Caroline Brisedoux, secrétaire nationale de la CFDT Éducation, estime de son côté que le ministre "s’engage un petit peu rapidement". Elle dit attendre "le découpage précis, notamment dans le premier degré, entre les élèves fonctionnaires et les fonctionnaires stagiaires, et par département".
Comme Sophie Vénétitay, elle pointe l’existence de candidats admis aux deux concours. Selon elle, des doublons existent notamment en mathématiques, en physique-chimie et en SVT, ce qui pourrait modifier le bilan final des recrutements. Édouard Geffray a minimisé ce phénomène, affirmant que les doubles admis représentent "moins de 1 %" des lauréats.
Le ministre s’est également félicité des premiers résultats de la licence de professorat des écoles, créée dans le cadre de la réforme, qui aurait fait le plein pour sa première année avec "dix candidats pour une place".

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