L’Agence régionale de santé de Mayotte a publié le second volet des résultats de l’étude EpiMay 2025, consacré aux arboviroses et plus particulièrement à la première vague de chikungunya survenue en 2025. Reconduite par l’ARS aux côtés de l’Observatoire régional de la santé de Mayotte et de l’URPS Infirmiers de l’Océan Indien, cette enquête épidémiologique vise à mieux connaître l’état de santé de la population mahoraise afin d’orienter les politiques publiques de prévention et de prise en charge.
Menée du 2 juin au 8 juillet 2025 auprès de 1 000 ménages tirés au sort sur l’ensemble du territoire, EpiMay permet de renforcer les données disponibles en santé publique à Mayotte.
Des populations plus exposées
Les résultats consacrés à la première vague de chikungunya de 2025 font apparaître des profils plus touchés que d’autres. Les personnes âgées présentent les taux d’infection les plus élevés. Les personnes non scolarisées sont également davantage concernées, ce qui souligne un enjeu de compréhension et d’appropriation des messages de prévention.
Souvent perçu comme bénin, le chikungunya reste une maladie éprouvante. Huit personnes infectées sur dix déclarent avoir ressenti des symptômes. Beaucoup se tournent vers la médecine traditionnelle plutôt que vers une prise en charge médicale, une pratique qui limite la surveillance de l’épidémie. Selon l’étude, pour un cas officiellement recensé, environ 40 personnes seraient en réalité contaminées.
L’ARS encourage le recours aux soins, en particulier pour les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes âgées, y compris lorsque les symptômes paraissent anodins.
Une immunité collective non atteinte
À la veille de la seconde vague de 2026, un habitant sur trois était immunisé contre le chikungunya. Chez les adultes de 18 ans et plus, ce niveau atteignait un sur deux, signe d’une circulation particulièrement intense du virus lors de l’épidémie de 2025. Ce niveau reste toutefois inférieur au seuil d’immunité collective, estimé entre 60 % et 75 %, nécessaire pour freiner durablement la circulation du virus dans la population. La baisse de l’épidémie observée en 2025 s’explique principalement par la fin de la saison des pluies, et non par l’atteinte d’une immunité collective.Les travaux de modélisation menés avec le Centre national de la recherche scientifique confirment une diminution de la transmission à mesure que la pluviométrie recule. Cette accalmie appelait au maintien de la vigilance et de la surveillance active.
Les gestes de prévention au cœur de la lutte
Les épidémies de 2025 et de 2026 montrent que le chikungunya circule activement à Mayotte. Près de 80 % des gîtes larvaires sont créés autour des habitations, ce qui fait des gestes du quotidien un levier essentiel contre les moustiques vecteurs.
L’étude Unono Ulanga 2023 rappelle les marges de progression :
La protection individuelle et collective repose sur des gestes simples : éliminer les eaux stagnantes, assurer une gestion rigoureuse des déchets et se protéger contre les piqûres de moustiques.
À travers EpiMay, l’ARS de Mayotte réaffirme son engagement à produire de façon continue des données fiables pour adapter les politiques de santé aux réalités du territoire.
memento.yt

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