L’économie mahoraise a retrouvé des couleurs en 2025 grâce aux travaux de reconstruction engagés après le passage du cyclone Chido. C’est le principal enseignement du dernier rapport annuel économique de l’IEDOM, qui souligne une reprise portée par le bâtiment, la consommation des ménages et une activité bancaire soutenue, tout en rappelant que le territoire demeure confronté à de profondes fragilités.
Selon le rapport, “l’économie de Mayotte a été marquée par la phase de reconstruction consécutive au passage du cyclone Chido fin 2024”. Les investissements publics et les importants travaux de remise en état ont permis au secteur du BTP de devenir le principal moteur de la reprise. Dans le même temps, “la consommation des ménages a également progressé, soutenue par le renouvellement des biens sinistrés et par les aides publiques”, tandis que le commerce et les services ont progressivement retrouvé leur niveau d’activité.
Le climat des affaires s’est redressé au fil des mois malgré les incertitudes. L’IEDOM indique que “l’indice du climat des affaires s’établit à 112,8 points à la fin de l’année”, dans un contexte où l’inflation est restée proche de 1 %. En revanche, l’établissement relève que “l’absence d’un cadre de soutien clair de la part de l’État” continue d’entamer la confiance des chefs d’entreprise.
La reprise s’est également traduite par une forte progression des investissements. Les entreprises ont renouvelé leurs équipements afin de relancer leur activité, tandis que les importations de biens d’équipement professionnel ont bondi de 31,7 % et celles de biens intermédiaires de 38,1 %. Les crédits accordés aux entreprises poursuivent également leur progression, même si le rythme ralentit par rapport à 2024.
Les ménages ont eux aussi participé à cette dynamique. Les importations de produits courants ont augmenté de 21,6 %, les immatriculations de véhicules neufs de 41,5 % et les crédits à la consommation de 15,8 %, conséquence directe des besoins liés à la reconstruction des logements et des équipements détruits.
L’activité bancaire demeure particulièrement dynamique. Les dépôts progressent de plus de 21 % sur un an et les crédits aux ménages de 11,6 %, portés notamment par le financement des travaux après le cyclone. Les entreprises enregistrent également une forte hausse de leurs dépôts, preuve d’une activité économique en reprise.
Malgré ces résultats encourageants, plusieurs difficultés structurelles continuent de peser sur le territoire. Le rapport rappelle que “plusieurs vulnérabilités persistent”, notamment un chômage élevé, une forte dépendance aux financements publics, une croissance démographique rapide, des infrastructures insuffisantes et des tensions récurrentes sur l’approvisionnement en eau. L’agriculture demeure par ailleurs le secteur le plus durement touché par les conséquences du cyclone.
Pour 2026, l’IEDOM estime que les perspectives restent favorables grâce à la poursuite des programmes de reconstruction. Le rapport prévient toutefois que cette dynamique dépendra largement de la capacité des pouvoirs publics à accélérer les paiements, concrétiser les grands projets d’infrastructures et maintenir les financements annoncés. Les retards administratifs, les tensions budgétaires nationales et les incertitudes internationales pourraient ralentir cette relance encore fragile.
Mémento

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