Le gouvernement veut renforcer la transparence sur l’évolution des finances publiques à l’horizon 2030. Dans un communiqué publié le 26 mai 2026, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, annoncent le lancement d’une mission indépendante confiée à quatre experts.
Cette mission doit permettre “d’établir une analyse de l’évolution probable des finances publiques entre 2027 et 2030” et de proposer “des scénarios de redressement des comptes publics à compter de 2027”. Quatre économistes ont été désignés pour conduire ces travaux. Il s’agit de Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla.
Selon le communiqué, cette initiative répond à “une recommandation formulée par la Cour des comptes” visant à renforcer la transparence sur les évolutions tendancielles de la dépense publique. L’enjeu est de mieux mesurer les facteurs qui pèseront sur les comptes publics dans les prochaines années.
La mission devra établir une projection de l’évolution des recettes et des dépenses entre 2027 et 2030. Les travaux porteront notamment sur “les dépenses de protection sociale, de retraites, la dépense militaire, la charge de la dette ou les dépenses de soutien à la production d’énergie”. Des analyses spécifiques pourront également être consacrées à certaines politiques publiques afin de mieux comprendre les dynamiques de dépenses attendues.
À partir de ce diagnostic, les experts devront élaborer plusieurs scénarios de réduction du déficit public. Ces scénarios préciseront “des cibles souhaitables de déficit public pour 2027”, “les efforts nécessaires pour atteindre ces objectifs” ainsi que “la répartition de ces efforts entre l’État, les administrations de sécurité sociale et les collectivités territoriales”.
Les travaux seront menés avec l’appui de l’Inspection générale des finances. Leurs conclusions sont attendues en juillet 2026, afin de nourrir la préparation du projet de loi de finances pour 2027.
David Amiel défend une démarche destinée à éclairer les choix budgétaires à venir. “Maîtriser le déficit, c’est préparer notre capacité à affronter les crises de demain”, déclare le ministre de l’Action et des Comptes publics. Il estime que cette mission doit permettre “de renforcer la transparence sur les évolutions des finances publiques et d’éclairer de manière objective les choix des prochains mois et des prochaines années”.
Roland Lescure insiste de son côté sur la nécessité de retrouver des marges budgétaires. “Retrouver la maîtrise de notre trajectoire de dette c’est retrouver des marges de manœuvre pour financer nos dépenses d’avenir”, affirme le ministre de l’Économie. Pour lui, l’évolution des finances publiques doit être regardée “avec pragmatisme” afin “d’éclairer nos choix collectifs”.

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