Le gouvernement veut faire de l’électrification un levier majeur de souveraineté énergétique, de réindustrialisation et de baisse des émissions. Selon le dossier de presse transmis à l’occasion de l’événement “Électrifions la France”, l’Élysée a réuni, mardi 26 mai 2026, “l’équipe de France de l’électrification” afin d’accélérer la mobilisation des industriels, fournisseurs d’énergie, constructeurs, financeurs et acteurs des réseaux.
Le document présente l’électrification comme “la voie française vers la souveraineté énergétique et la neutralité carbone”. Depuis 2017, cette orientation est décrite comme “un fil rouge de la politique économique et industrielle de la France”. Le gouvernement met en avant une stratégie qui doit réduire la dépendance aux énergies fossiles, tout en renforçant la compétitivité industrielle du pays.
Le plan s’appuie sur plusieurs objectifs structurants. La France veut faire passer la part des énergies fossiles dans la consommation finale de “60 % aujourd’hui à 40 % en 2030”, puis à “moins de 30 % en 2035”. Dans le même temps, la part de l’électricité doit augmenter de “27 % actuellement à 38 % en 2035”. Pour y parvenir, l’État prévoit d’investir “10 milliards d’euros par an dans l’électrification” d’ici 2030, contre “5,5 milliards aujourd’hui”.
Le dossier insiste sur l’avantage français en matière d’électricité bas carbone. Le pays disposerait d’un mix électrique “à 95 % bas-carbone”, porté par le nucléaire et les énergies renouvelables. Cette électricité est présentée comme “l’une des moins chères d’Europe”, un argument central pour convaincre les ménages et les entreprises de basculer vers des usages électriques.
Dans les transports, le gouvernement vise une accélération de la voiture électrique. Le dossier rappelle qu’en 2017, “moins de 2 % des voitures vendues étaient électriques”, contre “20 % en 2025” et “28 % début 2026”. La France compte désormais “plus de 1,4 million de véhicules électriques en circulation”. L’objectif est d’atteindre “100 % de ventes de voitures neuves électriques d’ici 2035”.
Le leasing social doit être reconduit pour rendre la mobilité électrique plus accessible. Le dossier indique que “50 000 ménages” pourront bénéficier d’une aide financière pour louer une voiture électrique, avec un loyer compris “entre 100 et 200 euros par mois”. Les constructeurs français sont également appelés à accompagner cette dynamique, notamment Stellantis et Renault, avec des offres de leasing, de recharge et de services liés au véhicule électrique.
Le réseau de recharge constitue un autre axe fort du plan. La France dispose déjà de “180 000 bornes de recharges publiques” et de “2,3 millions de points de recharge privés”. L’objectif affiché est d’atteindre “400 000 points de recharge publics en 2030”. Plusieurs acteurs de la recharge s’engagent à déployer “60 000 nouveaux points de charge rapides et ultra rapides accessibles publiquement d’ici 2030”, pour un investissement supplémentaire de “3,5 milliards d’euros”.
Le chauffage est aussi concerné, avec la pompe à chaleur présentée comme une technologie centrale. Le gouvernement veut atteindre la production d’“un million de pompe à chaleur en 2030”. Le dossier affirme que les économies sur la facture énergétique peuvent atteindre “3000€ par an” par rapport au chauffage au gaz. La filière, regroupée notamment autour de l’AFPAC et d’Uniclima, s’engage à produire “1 million de pompes à chaleur” et à accompagner leur installation.
Le secteur du logement social est également mobilisé. Le Mouvement HLM s’engage à planifier “l’électrification d’un million de logements”. Cette démarche doit contribuer à la “décarbonation globale de 2 millions de logements à l’échéance 2050”, en lien avec EDF et les acteurs du chauffage décarboné.
Pour les entreprises, le gouvernement veut sécuriser des contrats d’électricité de long terme et accompagner l’électrification des procédés industriels. Le dossier rappelle que l’État a déjà engagé “3,1 Md€” pour soutenir plus de “200 projets de décarbonation industrielle”. L’objectif est de porter la part de l’électricité dans la consommation finale énergétique de l’industrie de “37 % en 2023 à environ 45 % en 2030” et à “au moins 55 % en 2050”.
Le document évoque enfin quatre pactes de filière pour structurer cette mobilisation nationale. Ils concernent “l’équipe de France de l’électrification”, le génie électrique, la pompe à chaleur et la recharge. Plus de “100 entreprises” sont annoncées comme engagées en faveur de l’électrification.
Avec cette réunion à l’Élysée, le gouvernement veut transformer une stratégie énergétique en mouvement collectif. Le dossier affirme que la France peut faire de cette transition “une formidable opportunité” pour créer des emplois, protéger le pouvoir d’achat, renforcer l’indépendance énergétique et positionner le pays comme un leader mondial des technologies vertes.

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