La Fondation pour le logement des défavorisés rejoint le recours engagé contre l’État afin de le contraindre à renforcer ses mesures d’adaptation au changement climatique. Selon l’AFP, l’organisation estime que les personnes mal-logées restent trop exposées aux effets du réchauffement, alors que les risques climatiques touchent déjà de nombreux territoires et logements.
L’annonce a été faite mercredi 27 mai 2026. La Fondation pour le logement des défavorisés, anciennement Fondation Abbé Pierre, se joint à une action lancée par plusieurs associations et citoyens sinistrés. En juin 2025, Greenpeace, Notre Affaire à Tous, Oxfam et onze citoyens requérants avaient déposé un recours devant le Conseil d’État, après la présentation du troisième Plan national d’adaptation au changement climatique.
Ce plan, destiné à préparer la France à un réchauffement de 4°C d’ici la fin du siècle, avait été jugé “notoirement insuffisant” par les requérants. La Fondation intervient désormais dans la procédure pour apporter “des arguments complémentaires concernant le logement en général et les personnes mal-logées en particulier”.
L’association alerte sur l’ampleur des risques à venir. Elle cite les “cyclones, tempêtes, inondations, submersions marines, érosion côtière, fortes chaleurs, feux de forêts et retrait-gonflement des argiles”. Ces phénomènes pourraient provoquer des dégâts “considérables si l’on ne se prépare pas correctement et rapidement”.
La Fondation rappelle qu’un habitant sur quatre vit dans une zone inondable. Elle indique également que 450 000 logements sont menacés par le recul du trait de côte à l’horizon 2100, qu’un tiers des logements deviennent des bouilloires thermiques en été et que plus d’une maison sur deux est exposée au risque de retrait-gonflement des argiles.
Pour l’organisation, les populations déjà fragilisées sont les grandes oubliées des politiques d’adaptation. Elle estime que “les territoires déjà les plus exposés et les personnes les plus vulnérables aux effets du changement climatique sont profondément négligés”. La Fondation cite notamment “les territoires d’Outre-mer soumis à de très graves phénomènes”, les personnes sans-abri, les habitants de bidonvilles, les occupants de logements surchauffés ou encore les propriétaires qui n’auront pas les moyens d’adapter leurs biens.
La référence au cyclone Chido rappelle la vulnérabilité particulière des Outre-mer face aux événements extrêmes. Pour la Fondation, l’enjeu dépasse la seule question environnementale. Il touche directement au droit au logement, à la protection des plus précaires et à la capacité des pouvoirs publics à anticiper les effets du dérèglement climatique.
L’association appelle ainsi à une réponse plus ambitieuse. Selon elle, l’adaptation au changement climatique “nécessite une transformation profonde de la politique du logement, qui prenne en compte les injustices sociales, territoriales et le droit au logement”.
Memento

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