
L’État va augmenter significativement sa participation au capital d’Eramet à l’occasion de l’augmentation de capital prévue par le groupe minier au quatrième trimestre 2026. Il doit devenir « très largement le premier actionnaire » de l’entreprise, tout en restant sous le seuil de 50 % du capital, a annoncé l’Élysée le 12 octobre 2026.
L’opération repose sur un accord entre les deux principaux actionnaires d’Eramet, l’État, via l’Agence des participations de l’État (APE), et la famille industrielle Duval.
À la fin de l’année 2025, l’État détenait un peu plus de 27 % du capital du groupe. Il participera à l’augmentation de capital à hauteur de sa quote-part, mais rachètera également, en fonction du cours, une partie des droits de souscription préférentiels de la famille Duval.
Cette dernière restera le deuxième actionnaire du groupe, dans des proportions qui ne sont pas encore connues.
Le coût de l’opération pour les finances publiques n’a pas été précisé.
Eramet avait annoncé en février 2026 une augmentation de capital présentée comme « essentielle pour le groupe », dans un contexte financier difficile.
L’entreprise a enregistré une perte nette de 477 millions d’euros en 2025 et supporte un niveau d’endettement élevé.
« Cet accord permet à Eramet de disposer rapidement des moyens financiers nécessaires pour rétablir ses équilibres » et de réaliser « dès cette année l’augmentation de capital annoncée en février dans le cadre de notre plan de financement », a indiqué Christel Bories, PDG d’Eramet.
La dirigeante a qualifié l’accord conclu entre les actionnaires d’« excellente nouvelle pour Eramet ».
De son côté, Jérôme Duval, membre de la famille actionnaire, estime que l’opération donne au groupe « les moyens de s’affirmer comme un acteur clé de la souveraineté française et européenne ».
« Dans un contexte géopolitique complexe, l’engagement de l’État constituera plus que jamais un atout pour le développement du groupe », indique-t-il.
L’augmentation de capital ne constitue qu’un volet du plan de redressement engagé par l’entreprise.
Christel Bories indique qu’Eramet travaille également à « l’amélioration de sa performance opérationnelle et financière », qu’elle présente comme un élément central du redressement du groupe.
Le groupe envisage parallèlement une « monétisation d’actifs ciblés », pouvant passer par des cessions totales ou partielles de certains sites.
Des « discussions productives sont en cours actuellement », a précisé la PDG, sans détailler les actifs concernés.
Eramet produit plusieurs matières premières considérées comme stratégiques pour l’industrie.
Le groupe est notamment actif dans le manganèse, utilisé dans la fabrication d’alliages, ainsi que dans le nickel, employé pour produire de l’acier inoxydable et des batteries rechargeables. Il exploite également des sables minéralisés et produit, depuis la fin de l’année 2024, du lithium, également utilisé dans les batteries électriques.
Le ministère de l’Économie et des Finances rappelle que « la France s’est engagée depuis plusieurs années dans une stratégie forte de sécurisation de ses approvisionnements en métaux critiques, nécessaires à la souveraineté industrielle nationale et européenne ».
Sur les six premiers mois de 2026, Eramet a enregistré une perte nette de 195 millions d’euros.
Son chiffre d’affaires s’est élevé à 1,5 milliard d’euros en données publiées, en progression de 10 % sur le semestre.
En données ajustées, les ventes atteignent 1,65 milliard d’euros, en hausse de 8 %. Ce périmètre exclut la majeure partie des activités de la Société Le Nickel (SLN) en Nouvelle-Calédonie, depuis que l’État finance intégralement cette ancienne filiale, tout en intégrant les activités indonésiennes du groupe.
L’augmentation de la participation publique prévue d’ici la fin de l’année 2026 doit donc renforcer la structure financière d’Eramet sans aller jusqu’à une nationalisation, l’État devant rester sous le seuil de 50 % du capital.
Source : AFP - memento.fr


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