
La préfecture de La Réunion a décidé d'interdire la navigation autour du pétrolier DF Peak, soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe et attendu dans les prochaines heures en baie de La Possession. Selon une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP) publiée mercredi 14 octobre, cette mesure intervient après l'interception du navire par la Marine nationale et l'ouverture d'une enquête judiciaire sur l'irrégularité de son pavillon.
Deux arrêtés préfectoraux définissent les restrictions applicables dès jeudi 15 octobre à minuit. La navigation et les activités nautiques seront interdites dans un rayon de 1 000 mètres autour du pétrolier pendant son transit dans les eaux territoriales réunionnaises. Une fois le bâtiment au mouillage dans la baie de La Possession, ce périmètre sera ramené à 500 mètres.
La préfecture justifie ces dispositions par les « risques spécifiques » liés à « l'absence d'émission AIS », le système d'identification automatique permettant de suivre les déplacements des navires, ainsi que par « l'affluence possible de personnes » autour du bâtiment.
Un pétrolier intercepté à 900 kilomètres de La Réunion
L'affaire a débuté lundi, lorsque la Marine nationale a procédé au contrôle du DF Peak en haute mer, à près de 500 milles nautiques, soit environ 926 kilomètres au sud de La Réunion.
Cette intervention a permis de constater « l'irrégularité du pavillon » béninois arboré par le pétrolier. Le bâtiment a alors été dérouté vers les côtes réunionnaises.
Les 21 membres d'équipage font l'objet d'une mesure de privation de liberté de 48 heures.
Le parquet de Saint-Denis a ouvert mardi une enquête visant le commandant du navire pour « non-justification de la nationalité », une infraction passible de deux ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende.
Les investigations devront notamment permettre d'établir les conditions d'exploitation du pétrolier et d'identifier son propriétaire ainsi que son armateur.
Un navire sanctionné par l'Union européenne
Le DF Peak, qui naviguait auparavant sous le nom de Kaliningrad jusqu'en juin 2024, figure parmi les quelque 700 navires visés par les sanctions européennes contre la flotte fantôme russe.
Ces bâtiments sont soupçonnés de contribuer au transport d'hydrocarbures russes en contournant les restrictions internationales imposées à Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine.
L'arraisonnement du pétrolier avait été annoncé lundi soir par le président Emmanuel Macron, dans le cadre des opérations françaises destinées à lutter contre ces circuits maritimes.
Moscou dénonce un acte de piraterie
L'intervention française a suscité une réaction immédiate de la Russie. Mardi, l'ambassade russe en France a dénoncé sur son canal Telegram officiel une « violation flagrante des normes du droit international » et un « acte manifeste de piraterie ».
La représentation diplomatique affirme également ne pas avoir été informée de cette opération par les autorités françaises.
Cette affaire intervient dans un contexte international particulièrement sensible, alors que les sanctions visant les exportations énergétiques russes font l'objet de nouvelles tensions diplomatiques.
Selon l'AFP, Donald Trump a annoncé vendredi la levée de certaines sanctions afin de permettre la livraison massive de gazole russe sur les marchés, une décision vivement critiquée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Avec l'arrivée du DF Peak dans la baie de La Possession, La Réunion devient ainsi le théâtre d'une affaire maritime aux ramifications internationales. Les investigations judiciaires engagées à Saint-Denis devront désormais déterminer les responsabilités liées à l'exploitation de ce pétrolier et à son statut juridique.
Mémento


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