
À l’occasion des Assises des Départements de France, Cyrille Melchior a réaffirmé son attachement au statut départemental de La Réunion et à son inscription dans la France et l’Union européenne. Le président du Département plaide parallèlement pour davantage de marges d’adaptation et d’expérimentation dans la conduite des politiques publiques locales.
Quatre-vingts ans après la départementalisation du 19 mars 1946, Cyrille Melchior a mis en avant les progrès réalisés en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie. L’évolution sanitaire est notamment importante : au début des années 1950, l’espérance de vie était de 47,5 ans pour les hommes et 53,5 ans pour les femmes. En 2025, elle atteint respectivement 78,2 et 84,5 ans.
Un rattrapage économique encore incomplet
Le président du Département souligne toutefois la persistance d’écarts économiques avec le reste du pays. En 2025, le PIB réunionnais s’est élevé à 25,7 milliards d’euros et le PIB par habitant à 28 300 euros, soit 65,4 % du niveau national, selon l’Insee.
Pour Cyrille Melchior, l’insularité, l’éloignement et les surcoûts structurels justifient le maintien de politiques publiques adaptées et des mécanismes de solidarité nationale et européenne.
« Nous voulons protéger, préserver le lien qui nous lie à l’Europe et à la France », a-t-il déclaré, estimant qu’une évolution institutionnelle susceptible de fragiliser la confiance entre collectivités, acteurs économiques et partenaires sociaux serait préjudiciable au territoire.
Cette position s’inscrit dans la continuité de ses prises de parole précédentes sur le statut de La Réunion. Devant la délégation sénatoriale aux Outre-mer en 2022, il avait déjà défendu le maintien du statut européen de région ultrapériphérique, tout en réclamant davantage de décentralisation dans l’application des politiques publiques.
Davantage de possibilités d’adaptation locale
Président de la Commission des Outre-mer de Départements de France, Cyrille Melchior considère également les territoires ultramarins comme des relais stratégiques de la présence française dans leurs bassins géographiques. Sa présidence de cette commission est confirmée par l’organisation nationale des Départements.
Sans remettre en cause l’ancrage institutionnel actuel, il appelle l’État à « faire davantage confiance aux territoires », notamment en facilitant les expérimentations et l’adaptation des dispositifs nationaux aux réalités locales.
Dans cette perspective, il présente le Département comme un échelon de proximité appelé à conserver un rôle central dans les solidarités et dans la représentation de l’identité territoriale réunionnaise.
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