
L’économie réunionnaise présente un visage contrasté au deuxième trimestre 2026. Les heures rémunérées progressent et le chiffre d’affaires des petites entreprises reste orienté à la hausse, mais l’emploi salarié, les créations d’entreprises et le climat des affaires se dégradent.
La quatrième édition de la note de conjoncture de l’Observatoire économique du Medef Réunion rassemble les analyses de l’Insee, de l’Iedom et du Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables. Ces organismes suivent respectivement l’emploi, les prix et les créations d’entreprises, le climat des affaires auprès des grandes sociétés ainsi que le chiffre d’affaires des TPE-PME.
Selon l’Insee, les heures rémunérées augmentent de 0,4 % au deuxième trimestre et de 0,3 % sur un an. L’emploi salarié diminue néanmoins de 0,2 % par rapport au trimestre précédent, tout en conservant une progression annuelle de 0,4 %.
Cette baisse trimestrielle provient principalement du secteur public, où les effectifs reculent de 0,9 %. La note relie cette évolution à la diminution du nombre de contrats aidés « Parcours emploi compétences ». L’emploi privé résiste davantage, avec une hausse limitée à 0,1 %.
Les écarts sont importants selon les activités. L’intérim enregistre la contraction la plus marquée avec une baisse de 1,2 %. Les services aux entreprises perdent 0,6 %, tandis que l’industrie et la construction reculent chacune de 0,4 %. Le commerce progresse en revanche de 0,6 %. Les secteurs de l’information et de la communication sont également signalés parmi les activités créatrices d’emplois.
La construction traverse une période particulièrement fragile. Les démarrages de chantiers atteignent « leur plus faible niveau depuis le début des années 2000 ». Dans le même temps, le nombre de créations d’entreprises baisse de 5 % par rapport au trimestre précédent. Ce résultat doit toutefois être interprété avec prudence en raison d’un effet de déclassement concernant SNC Girardin Industrielle au trimestre précédent.
Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail atteint 19 % de la population active, soit trois points supplémentaires par rapport au deuxième trimestre 2025. Il demeure cependant inférieur au niveau observé à la fin de l’année 2018.
L’inflation sur douze mois s’établissait à 1,5 % en mars 2026, après une moyenne de 1,4 % en 2025. L’Iedom relève que « la forte hausse des prix du carburant fait se redresser l’inflation » dans le contexte de la crise au Moyen-Orient. Une majorité d’entreprises aurait ainsi révisé ses prix de vente à la hausse.
Après deux trimestres d’amélioration, l’indicateur du climat des affaires perd 3,6 points et revient à 100,1, soit un niveau proche de sa moyenne de longue période. Il reste néanmoins supérieur de 2,6 points à sa valeur d’un an auparavant.
L’Iedom observe également une baisse de la fréquentation des commerces et une augmentation du nombre de demandeurs d’emploi. Les entreprises du tourisme et des services apparaissent toutefois comme « les plus résilientes » face à la hausse des charges.
Du côté des TPE-PME, le chiffre d’affaires global progresse de 1,3 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025. Sur les six premiers mois de l’année, la hausse atteint 2,5 %.
Le BTP et le transport affichent la croissance la plus soutenue avec une progression de 5,8 % au cours du trimestre comme sur le cumul annuel. L’industrie gagne 2,1 % au deuxième trimestre et 2,6 % depuis le début de l’année. Le commerce avance de 1,8 % sur le trimestre et de 3,3 % sur le semestre.
Les services suivent une trajectoire opposée. Leur chiffre d’affaires recule de 2,5 % au deuxième trimestre et de 0,4 % sur le cumul annuel. L’enseignement, les activités financières, l’assurance ainsi que les services administratifs et de soutien résistent mieux. Les pertes les plus importantes concernent la santé, l’action sociale, l’hébergement et la restauration.
Une différence apparaît toutefois dans le nombre d’entreprises analysées par le Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables. La synthèse évoque 4 659 TPE-PME réunionnaises, tandis que le tableau de bord en mentionne 4 579. Cette divergence ne modifie pas les taux d’évolution publiés, mais mérite d’être signalée.
Mémento


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