
L’ancien ministre polynésien de la Santé Jacques Raynal a été interrogé sur ses déclarations de patrimoine et ses relations avec les dirigeants du groupe Medex lors de la deuxième journée de son procès. L’élu de 74 ans comparaît devant la 32e chambre correctionnelle de Paris pour prise illégale d’intérêts.
Selon une dépêche de l’AFP, le tribunal s’est longuement intéressé aux constatations de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
Jacques Raynal aurait évalué trois appartements parisiens à 96 000 euros dans sa déclaration, soit environ 800 euros le mètre carré. Leur valeur totale aurait été estimée à plus de 1,4 million d’euros durant l’instruction.
Les investigations portent également sur une dizaine de comptes bancaires non déclarés, des parts détenues dans Fenua Medex et la revente d’une patientèle pour 142 000 euros. Environ 90 % de son patrimoine n’aurait pas été déclaré, d’après les éléments présentés à l’audience.
« Cette déclaration, c’était la première fois que j’avais à la remplir », a expliqué Jacques Raynal. L’ancien ministre affirme avoir complété le formulaire trop rapidement après sa nomination en 2017, sans prendre le temps d’évaluer précisément ses biens.
Le tribunal s’est ensuite penché sur des marchés de télémédecine attribués aux sociétés Medex. Le parquet a présenté plusieurs courriels échangés entre Jacques Raynal et les dirigeants du groupe, Hervé Vergeaud et Élise Mourareau.
Dans l’un de ces échanges, l’ancien ministre proposait à ses anciens associés de se rencontrer durant un week-end pour « peaufiner le projet ». Jacques Raynal a expliqué ces rencontres par la proximité géographique des personnes concernées et son manque de disponibilité.
Un message évoquant « notre ministre de la Santé reconduit » a également été présenté à l’audience. Hervé Vergeaud a reconnu devant le tribunal qu’il y avait eu « confusion des genres ».
Les débats ont enfin porté sur la reconversion d’Emmanuel Lakière, ancien directeur financier du ministère polynésien de la Santé devenu consultant pour Medex.
Le procès se poursuit. Les plaidoiries des avocats et les réquisitions du parquet sont prévues mercredi 21 octobre. Les prévenus restent présumés innocents jusqu’au jugement.
Mémento


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