
Douze personnes ont été mises en examen et placées en détention provisoire en Martinique après une vaste opération menée le 13 octobre 2026 contre un réseau soupçonné d’importer des armes depuis les États-Unis. Les investigations portent sur une filière décrite par la police comme implantée depuis plusieurs années.
Une quarantaine de policiers ont participé aux interpellations et plus de 80 fonctionnaires aux perquisitions. Le Service territorial de police judiciaire (STPJ) de Martinique a été épaulé par l’Office antistupéfiants des Caraïbes, une unité de la Direction nationale de la police judiciaire ainsi que les antennes du RAID de Martinique, Guadeloupe et Guyane.
À l’issue des gardes à vue, les douze suspects, hommes et femmes, ont été mis en examen par la Juridiction interrégionale spécialisée de Fort-de-France pour plusieurs infractions, notamment importation, acquisition, détention et transport d’armes et de munitions de catégorie B, association de malfaiteurs et blanchiment.
Des armes acheminées via les Caraïbes
Selon le commissaire divisionnaire Alexandre Huguet, chef du STPJ en Martinique, les personnes interpellées présentent des profils variés. Certaines sont décrites comme connues du grand banditisme local, tandis que d’autres, sans antécédents judiciaires significatifs, auraient participé à la logistique financière du réseau.
Le schéma étudié par les enquêteurs repose sur des armes expédiées depuis les États-Unis par fret postal ou conteneurs vers des îles voisines, principalement Sainte-Lucie, avant d’être acheminées vers la Martinique à bord de petites embarcations lors de traversées nocturnes.
L’opération du 13 octobre n’a pas conduit à une saisie importante d’armes, l’enquête reposant notamment sur l’analyse de matériels confisqués au cours des dernières années. Les policiers ont toutefois saisi six kilos d’herbe et de résine de cannabis, des chargeurs, des munitions ainsi que 35 000 euros en espèces.
La circulation des armes à feu constitue un enjeu important sur l’île. Selon la police, près de 300 armes ont été saisies en Martinique en 2025. Les modèles de type Glock ou Taurus figureraient parmi les plus fréquemment retrouvés, parfois équipés de chargeurs de grande capacité, de visées laser ou de dispositifs permettant le tir en rafale.
Les enquêteurs estiment que le démantèlement de cette filière doit notamment permettre de réduire l’approvisionnement en armes utilisées dans des faits graves, dont les vols à main armée et les atteintes aux personnes.
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